‹ La contagion: comédie en cinq actes, en proseChapitre 24 sur 96 · ACTE DKUXIÈMR · texte numérisé non relu

ACTE DKUXIÈMR

ANNETTE

Quel bon toqué , n'est-ce pas?

NAVARETTE

Il est très-original et même un peu braque.

ANNETTE

Témoin l'abandon qu'il fait de sa jeune et charmante femme pour cette Valentine de Reuilly, qui n'est pas même jolie. Comprenez- vous cela?

NAVARETTE

Oui, madame... mais je me garderai bien de vous l'expliquer. Ne dit-on pas d'ailleurs que la vicomtesse se console avec M. Gaston de Valdebras?

C'est un horrible cancan inventé par mademoiselle Angélina.

NAVARETTE

Oh ! Angélina n'est pas une personne inventive.

ANNETTE

La preuve que Valdebras ne l'a pas quittée pour la vicomtesse, c'est qu'il épouse ces jours-ci mademoiselle de Sainte-Radegonde.

NAVARETTE

La fille de l'ancien pair de France?

ANNETTE

Précisément.

NAVARETTE

Mais alors ce mariage n'est pas trop catholique. M. de Sainte-Radegonde a fort compromis jadis madame de Valdebras.

ANNETTE

Vous le saviez? — Mais il y a si longtemps!

NAVARETTE

N'importe, il y a là quelque chose de choquant. M. Gaston va devoir respect et affection à un homme qui a déshonoré son père.

ANNETTE

Mais il n'en sait rien.

NAVAllETTE.

Sa mère, qui le s^t, ne devrait pas permettre ce mariage.

ANNETTE

Elle est moins rigoriste que vous.

NAVARETTE

Elle devrait l'être plus, vous en conviendrez. Mais nous voilà bien loin de Médée; nous faisons l'école buissonnière.

' ANNNETTE, se levant.

Et nous ne hommes pas là pour nous amuser. Revenons par le plus court; voici la brochure : je vais, si vous le voulez bien, vous réciter le rôle.

UN DOMESTIQUE, annonçant du fond.

M, le baron d'Estrigaud.

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