‹ La contagion: comédie en cinq actes, en proseChapitre 90 sur 96 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

AN NETTE

Et les suppositions ont été leur train.

TENANCIER, à Lucien.

Tu n'as rien fait pour les arrêter?

LUCIEN

J'ai fait ce que je devais ; mais un malheureux quiproquo a ramené le nom d'Aline sur le tapis, et... tiens, père, écoute : je ne veux pas finir comme d'Estrigaud, je ne veux pas épouser une Navarette; mais je ne ferai jamais un mariage d'argent, n'espère pas me convertir là-dessus. Aline est compromise à cause de moi, sinoa par moi ; je sens que je l'aime ; nous allons la quitter, je la trouverais peut-être mariée à mon retour et je ne m'en consolerais pas.

TENANCIER

Mais...

LUCIEN, vivement. -

Non! pas de mais^ je t'en supplie! Elle est pauvre, qu'importe? je suis riche! D'ailleurs, je travaillerai. Je commence à être honteux de mon oisiveté à^la d'Estrigaud. Je suis élève de l'École polytechnique après tout. Je suis bon à quelque chose...

• TENANCIER

Mais...

LUCIEN

La compagnie du canal de Gibraltar est fondée ou peu s'en faut; je serai le lieutenant de ce brave André. C'est à prendre ou à laisser. Si tu me refuses Aline , je ne réponds plus de rien.

TENANCIER

Mais, mon ami, je ne demande qu'à te la donner !

LUCIEN

Vrai?

TENAXGIBR.

Je te cherchais une dot, parce que je te voyais le cœur libre; mais» vive Dieu! les mariages d*amour sont les meilleurs. Et faut-il vous l'avouer? quand j*ai offert l'hospitalité à cette charmante enfant, ce n'était pas sans un vague espoir de ce qui arrive aujourd'hui!

LUCIEN

Ahl brave père! (a Anneite.) Vous aimerez bien votre petite sœur et vos neveux, madame la marquise ?

Marquis toi-même! je les adorerai... Tâche de me donner des nièces... pour mes fils.

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