INTRODUCTION
Au début de l’année 1917 on observe simultanément, en France et en Autriche, un certain nombre de malades, présentant un ensemble de troubles nerveux ne pouvant être rattachés à aucune maladie systématisée.
En France, C’est aux environs de Bar-le-Duc que Cruchet, Moutiers et Calmette en observent 40 cas qu’ils décrivent sous le nom d’encéphalo-myélite-subaiguë.
En Autriche, le 17 avril 1917, Von Economo signalait dans une communication à la Société de Neurologie et Psychiâtrie de Vienne l’apparition de sept cas, presque simultanés, d’une maladie, où prédominaient les symptômes suivants : Fièvre, paralysies oculaires, somnolence ; maladie à laquelle il donna le nom d’encéphalite léthargique.
Dès le début, la maladie s’annonçait comme épidémique. Ce caractère épidémique allait en s’accentuant si bien que, dès 1920, la maladie, diffusant lentement et progressivement, avait fini par devenir mondiale.
En apparence : maladie nouvelle ; en réalité : non.
C'était le réveil épidémique d’une affection déjà an-
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cienne, ayant, en 1890, sévien Italie, sous le nom de Nona ; ayant, en 1712, régné, en Tubinge où Rudolff- Jacob Camerarius, observa l’épidémie, lui donna le nom de maladie du sommeil, et décrivit comme symptômes cardinaux : la fièvre, le sommeil, les troubles oculaires.
Enfin, dans Cælius Aurelianus, dans Areteede Capadoce, dans les écrits hyppocratiques, nous trouvons, sous le nom de lethargos, une maladie dont la description se rapproche de celle de l’encéphalite.
Ainsi donc dès l'aurore de la médecine, l’encéphalite
léthargique se retrouve avec ses caractères épidémiques.
Mais ses manifestations épidémiques sont rares et espacées ; elles nous paraissent traduire la persistance d’un agent pathogène dont certaines conditions vont exalter la virulence et permettre la contagion, agent pathogène qui $e conserve et se transmet à la faveur de ces cas sporadiques qui jouent le rôle de porteurs de flambeaux.
En donnant cette interprétation, on ne fait qu’invoquer ce qui est bien établi pour d’autres maladies qui ont, comme l’encéphalite léthargique, une affinité spéciale pour les centres nerveux ; cesont la méningite cérébro-spinale et la poliomyélite.
Ces maladies dont l'identification est possible par :
La recherche de l'agent pathogène, pour la méningite cérébro-spinale ; :
L'étude des réactions neutralisantes du virus par le sérum, pour la poliomyélite :
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Ces maladies se transmettent par divers mécanismes qui, selon toute vraisemblance, doivent intervenir dans Ja transmission de l’encéphalite léthargique.
C’est l'étude expérimentale qui a permis d’élucider ces divers mécanismes et ce sont les résultats qu’elle a fournis que nous allons rappeler ici.