‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 159 sur 227 · ia îiae, qu. 69, a. 2, ad 3 in fine · texte numérisé non relu

ia îiae, qu. 69, a. 2, ad 3 in fine

nous de cette sagesse incréée, qui opère notre propre filiation divine \ Ainsi parie saint Thomas.

« Bieaheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu ! » Mais qui les reconnaîtra pour leur donner ce nom qu'ils méritent ? Les âmes dont nous parlons, personne ne les remarque. Leur situation extérieure est d'ailleurs quelconque, comme celle de l'Artisan de Nazareth. On les aime, parce qu'elles sont droites, candides, indulgentes pour tous. Au lieu de condamner ceux qui tombent, elles semblent dire : « J'en aurais fait autant sans le secours de Dieu qui m'a préservé. Dieu peut relever ceux-ci, et ils devront l'en remercier, mais combien je dois davantage lui rendre d'actions de grâces pour m'avoir empêché de succomber ! » Pas plus qu'elles-mêmes ne s'enorgueillissent, les autres ne les admirent. Au bout de trente ans de vie commune, les voisins, « les frères même et les sœurs » de Jésus n'avaient pas encore discerné la haute valeur de sa vie. Des pharisiens faisant profession d'austérité et grand étalage de pratiques rituelles méprisaient sa simple piété. Ainsi les âmes dont nous écrivons, attachées à aucune dévotion particulière, seront-elles dédaignées de ceux qui se plaisent à ces singularités. Elles ne savent même pas faire de belles méditations. Pour parler à Dieu elles imitent les petits enfants dans les bras paternels, qui disent tout leur amour avec une caresse, un regard. « Notre Père qui êtes aux cieux », parfois leur cœur s'arrête tout ému à ces mots-là et s'y complaît longuement ', D'ailleurs partout et en tout temps elles peuvent s'adonner à l'oraison. Il leur suffit d'un peu de silence pour commencer.

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