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OBSERVATION III

MERKLEN, HIRSCHBERG et TurpPIN : Confusion mentale au cours d’une néphrite scarlatineuse purement azctémique. Myosis. Hypothermie. Cheyne Stokes. Signes méningés (Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 25 janvier 1924, tome I, page, 87).

H..., 44 ans, est amené à l’hôpital de Tenon le 27 octobre 1923. Il est malade depuis environ huit jours. La seule indication que l’on possède est que durant ce temps, il a eu la fièvre. Lorsque nous le voyons, cette dernière est encore à 38°8, mais dès le lendemain elle se met à tomber et atteint la normale le 29 au soir.

L'élément prédominant est représenté par des vomissements et de l'intolérance gastrique absolue. Les vomissements sont incessants et constitués par un liquide verdâtre. Ils coïncident avec une asthénie très accusée. Le malade n’a pas le masque péritonéal, cependant on note une défense nette dans l’hypochondre droit en dehors du grand droit, le reste du ventre est souple et les mouvements respiratoires abdominaux conservés. Constipation, mais sans arrêt des matières ni des gaz.

Rien au cœur, ni au poumon. T. A.: 13-7,5.

Le diagnostic ne tarde pas à s'affirmer: des urines rares et fortement albumineuses, du myosis bilatéral, une azotémie de 1 gr. 90 témoignent d’une néphrite.

La fièvre à la fin de laquelle nous avons assisté, conduit de son côté à l’évolution aiguë de cette néphrite.

La situation va se compliquer: en même temps que la fièvre baisse, se manifestent en effet des phénomènes d’agitation. Le patient se lève, va, vient, gesticule, émet des phrases incohérentes et sans suite, si bien qu’on est forcé de l’isoler. Bientôt le syndrôme de la confusion mentale se précise nettement, la désorientation se montre complète, l’amnésie atteint de degré fort notable, les

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perceptions s’estompent de plus en plus, il est impossible au malade de dire le millésime de l’année ou de mener à bien une addition élémentaire; l’agitation éclate surtout la nuit, mouvements continus, cris, etc. Le jour, elle fait place à un état de stupeur avec grande fatigue.

Les choses vont ainsi jusqu’au 5 novembre. De même se poursuivent les vomissements et persiste l’albumine; un second dosage d’urée dans le sang donne le chiffre de 2 grammes. La phénolphtaléine s’élimine à 20 %. La température reste normale.

Le 5 novembre, chute de cette dernière à 35° le matin, à 35°2 le soir; même état le 6. De plus Cheyne Stokes, catatonie, raideur de la nuque, Kernig, chien de fusil. Une ponction lombaire prouve l’absence de leucocytose et d’hyper-albuminose. L’urée du liquide céphalo-rachidien est de 1 gr. 92. La confusion avec agitation ou avec somnolence ne se modifie guère. De même en est-il du myosis. Les tensions maxima et minima n’ont subi depuis le début aucune variation.

Le 7 au soir, la température monte à 36° pour osciller cependant encore entre 35° et 36° jusqu’au 10, entre 36°2 et 37° jusqu’au 13. Ce jour-là, elle devient normale et restera définitivement telle.

Les symptômes de néphrite s’amendent de leur côté sous l’influence du traitement approprié : saignée, diète hydrique, lavements. Le Cheyne Stokes et le myosis disparaissent les premiers; les autres accidents suivent; vomissements compris; le 12 novembre, l’azotémie n’est plus que de 0 gr. 70, le 25 elle est de 0 gr. 30; les urines recouvrent peu à peu leur volume normal; à partir du 19 novembre on n’y décèle plus d’albumine.

La confusion s’atténue progressivement, tandis que l’agitation cède assez vite. Le 13 novembre, le malade peut être considéré comme psychiquement rétabli; il ne garde qu’une fatigue et une lenteur mentale bien com-

préhensibles. Sans souvenir, bien entendu, des jours qu’il vient de traverser, il répond correctement aux questions et apparaît capable de raisonner. On le transfère dans la salle commune.

Ajoutons que la chlorurie alimentaire faite pendant la poussée de néphrite a démontré l’absence de rétention de sel.

La convalescence progressait, lorsque nous constatons une forte desquamation des mains et des pieds, desquamation en larges squames caractéristiques de la scarlatine.

Dès lors, toute l’histoire morbide s’éclaire. Scarlatine ignorée, néphrite aiguë consécutive avec azotémie sans hypertension, ni chlorurémie, troubles confusionnels contemporains de la poussée néphritique, rétrocession concomittante de la néphrite, de l’azotémie et des accidents psychiques: guérison.

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