‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 1 sur 215 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La réforme religieuse du XVP siècle a toujours attiré l'attention des historiens. Rien ne pouvait paraître plus digne de leurs travaux que cette révolution qui^ en brisant la domination exclusive de l'Eglise romaine^ devait amener la plus précieuse conquête des tempe modernes, la liberté de conscience. Mais ce grand événement a fait trop souvent négliger le côté opposé : je yeux dire l'histoire de la résistance catholique; résistance opiniâtre et systématique, que l'Église, et en premier lieu la papauté, a organisée et soutenue contre l'assaut de plus en plus menaçant des ir.iios réformatrices !

En France surtout, ce sujet a été peu étudié. Il est, pourtant, d'un haut intérêt de voir comment Rrane réussit à opposer une digue puissante aux fiots envahissants du protestantisme, à les refouler ineiiie sui* beaucoup de points et à reconquérir enfin i ne ])îirtie

considérable du terrain perdu. Elle y est parvenue en réorganisant l^glise sur des bases nouvelles, en lui donnant et des dogmes plus exclusifs et une politique plus offensive. Le * catholicisme, dans sa forme moderne, date de la seconde moitié du XVI® siècle.

J'ai essayé de décrire les origines de cette contrerévolution si importante et qui fut décisive pour une moitié des peuples européens. Elles comportent trois séries d'événements : la fondation de nouveaux ordres religieux, et particulièrement de l'ordre des jésuites ; — le rétablissement de l'inquisition romaine ; — enfin les trois phases du concile de Trente.

On a publié, dans ces derm'ers temps, un grand nombre de documents sur chacun de ces points, et principalement sur le deuxième et le troisième. Parmi vingt auteurs, je ne citerai ici que les noms de MM. Theiner, Dôllinger, Sickel, von Druflfel, Benrath. Mais jusqu'aujourd'hui, il ne s'est pas produit de livre qui mette à profit ces documents précieux dans un travail d'ensemble, destiné à dérouler devant le public lettré l'histoire de ce grand mouvement catholique.

J'ai voulu combler cette lacune. Les archives de Bruxelles m'ont fourni, en outre, quelques détails inédits et assez intéressants, relatifs au concile de

Trente. Je me suis abstenu autant que possible de toute considération théologique, pour insister principalement sur le côté politique des événements. Il était difficile de garder une impartialité absolue au milieu de ces grandes passions et de ces conflits immenses qui touchent encore de si près à nos luttes actuelles. Je me suis efforcé, au moins, de conserver Téquité, indispensable à Thistorien, s'il veut maintenir à sa science son véritable caractère et ne pas l'abaisser jusqu'à la faire servir les tendances^ politiques, sociales et religieuses du jour.

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