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nuit, des diamants de la plus belle eau. Autour de sa personne se déployaient une nuée de domestiques^ dont les plus élancés, les plus droits, lui formaient une garde, et c'était à qui montrerait le plus d'empressement. Il avait aussi sous ses ordres des armées avec lesquelles il défendait la frontière ou allait attaquer ses voisins chez eux, ce qui entraînait souvent des guerres très prolongées.
Toutefois les habitants du pays montraient du mécontentement, parce qu'ils supportaient toute la dépense de Mille-Bouches et de son entourage. Ils devaient s'acharner à la peine pour nourrir ces magnifiques seigneurs qui, non seulement ne travaillaient pas, mais encore les méprisaient On ravageait leurs champs à la chasse; on leur enlevait à 1 a moisson les gerbes les plus fournies ; on prenait leurs enfants pour en faire des soldats et, quand les guerres tournaient bien, on les leur renvoyait estropiés pour le reste de leurs jours. Quand elles tournaient mal, ils ne revenaient pas, et l'ennemi incendiait les villes et les villages, les châteaux et les cabanes.
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Alors ils résolurent de se défendre contre les grandes gens qui les faisaient tant soutfrir.
Us ne trouvèrent rien autre chose qui pût changer leur sort que de s'emparer du géajit Mille-Bouches, mais encore fallait-il exécuter ce plan. Ce n'était pas aisé parce qu'il était très fort et entouré d'une multitude d'hommes armés qui le défendraient jusqu'à la dernière goutte de leur sang. Mais ils ne se laissèrent pas arrêter par la peur. Ils étaient si malheureux que, quoi qu'il arrivât, ils ne pensaient pas pouvoir l'être davantage.
Or donc, en quelques provinces où Mille- Bouches s'était rendu particulièrement odieux, ils le tuèrent net, tout géant qu'il était. Ailleurs le voyant jouer des jambes, ils se frottèrent les mains et ne firent rien pour le retenir. En d'autres quartiers, ayant moins souffert, ils composèrent avec lui, le laissèrent en possession de son palais et consentirent même à lui servir une rente annuelle, mais à condition qu'il cessât dès lors de leur imposer sa loi.
Cependant il fallait quelqu'un pour prendre
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en mains le gouvernement, défendre la contrée contre les voleurs qui sortaient un peu partout de leurs cachettes, et contre les voisins qui massaient des troupes et s'apprêtaient à envahir le pays.
Sur ces entrefaites, et avec un bonheur extrême, on vit sortir de terre un autre géant qui était la douceur, la gentillesse mêmes, et qui dit s'appeler Amicopopolo. Il fut bien enchanté de voir qu'on délogeait Mille-Bouches, et proposa de le remplacer, affirmant qu'il n'aurait jamais un si féroce appétit.
Et de fait, pendant quelque temps, tout marcha à souhait. Aussi bien ne devons-nous pas oublier de rapporter que les habitants de la contrée, rendus avisés par le souvenir des maux récents, lui avaient posé leurs conditions.
« Vous nous garderez, lui avaient-ils dit, contre les ambitieux du dehors qui trouveraient notre pays trop beau pour n'être pas à eux, et contre les gredins du dedans, tels qu'il s'en rencontre même dans les pays les plus civilisés.
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