‹ La conversion d'un pêcheur [microforme]Chapitre 2 sur 6 · DS ES · texte numérisé non relu

DS ES

Ben gros d'ar gent!

Plus d'une fois en labourant la terre, En murmurant je traçais mes sillons ; Mais, chose sons 1 à présent tout diffère :

J'vas fredonnant de joyeuses chansons.

Pour d'autre sol n'éprouVant plus d'envie, Je vis content au village natal ; Cher Canada, sois toujours ma patrie, Car je te trouve aujoud’hui sans égal.

Vive le Ministère, étc.

Tiens! un homme qui m'écoute; qui diable / ça peut être? Ben sur, encor un d'ces émigrés qui nous arrivent tous les jours t'en ville. J’vous d'mande un peu ai on a ben besoin d'ça dans l'pays. Ca, c'est encore une chose que j'eomprends pas; les nôtres s'en vont, et pi les étrangers les femplacent; et c'est q'si on en juge par c'lui là, c’est ben certain qu'on perd au change. I doit y'avoir queuq'chose là-dessous ; j'en parlerai à not'e Député ; i doit savoir ça, lui qu'est dans l'affaire du

Gouvernement.—N'importe, c'pauvre homme parait ben fatigué: ça doit pourtant + pas t'être son bagage qui l'fatigue ; qui sait ?

P-Fa ti gue d'u ne . i Ou, peut tre quelque vo jour.

»] . -<#iREE 1 | CE L TPE :

politique, nous en obquin-

on !

est p't'être là l'moyen d’savoir

est qu'l'émigration, comme dit Monsieur le Curé. Morufort :—L'individu n

+’ drons

LS

; c’est ben sûr un Naturel du pays.

êtements.

D'une campagne environnante C'est un riche cultivateur,

introduoti

ns © £ Ë > e.

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te traces du bonheur.

11 vient dans cette ville +: Vendre des aliments ; po

Puis il L'étofte

être très fort en

mo rue:

HE rte 808 v Pierrichon : —Tachons d'faire sa connaissance, c’ ‘doit pas t’ ; risquons

emeont

Sur sa On voit renseign

ble ble

:—Bon v'là sans doute mon affaire

t’être queuq

Qui sait si pourcet te P' «Au dis :—Au dia

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Cor peu pss; juge chose re du tant a gour,

8 Song mra dte.

(En chantant ce duo, tous deux s'avancent à reculons, l'un la jigure tournée vers la droite des auditeurs, et l'autre, vers la gauche, jusqu'à ce que, venant à se rencontrer, ils se heurfent l'un sur l'autre ; après quelques secondes d'attente et d'étunnement, ils chantent :

RECITATIF,

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Faut il se montrer mé con tent?

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Morufort :—Encore une fais, monsieur, j'vous d’mande ben pardon, mais, voyes

vous, la fatigne du voyage m'a tellement excité les narfs, que j'ai pas pu r’tunir ce p'tit mouvement,

Pierrichon (à part.):—I1 appelle ça un p'tit monvement. Enfin, c’est p't’êtro comme ça qu'i font les p'tites choses dans son pays. (Haut.) Vous êtes ben aimablo monsieur, mais c’est pas Ia peine de vous estuser, car o’ést moi qui...

HMorufort : —A été la cause ;

Pierrichon : —Kt c'est vous Ahsnssosooosssossee

Monfort :-— A prodait le choc, soit dit sans vous choquer.

Pierrichon :——C'est un farceur.

Morufort :—C'est pas un fin fin. |

Pierrichon : —Eh1 ben, oui! Monsieur, vous avies l’air si misérable, que moé, qui poux pas voir souffrir le moindre p'tit animal, ans m'sontir d'là piquié pour mes eombiables, j'me suis dit: v’la un homme qu'à p’t'ètre lesvin d'queuq'chose, ot j'me suis L'avancé, COMME VOUS BAVEZ. eo vovovr oo 0

Morufort :—Et j'vous ai... Ah mais, c'est pas vons qu'jaurais voulu taper. Si, au moins, ç'avait été an des traîtres qu'ont boul'versé mon pays!

Pierrichon :—-Quoi | Monsieur, c'est-i pour vot'e pays qu'vous avez 8 mino si triste; los feignants (féniens) vous auraiont-i troublé ?

Morufort :—Ah! monsieur, si ceux-là n'avaient fait qu'feindre, mais, les misérables! i z’ont trop ben réusni.

L'on

Pierrichon :—Æh ! ben, franchement, vous commences À m'intéresser, et j's’rais

carieux d'oonnaitre votre hiatoire.—Marichette est à courir les magasins, ot à dit

qu'elle « pas besoin de moé ; y'a pas d'danger qu'à s'perd'e, les fommes connaissent

toujours s'chbemin là; vous m'feries don ben plaisir en m'comptant vos malheurs. Monfort :—J'connais pas vos opignons politiques, mais, vous m'aves l'air ai ben-

nôte, que j'veux vous satisfaire.

Pierrichen :—Permettes que j'dépose mes patists.……..…...... j'y sain

Mongert :—Je fes pebé, en ligne directe, du légitimo mariage de mes père et radre,

Péwrriohen : —Vous êtes dono n6'de ls pêche amoureuse ? .

Monfort :—0n, gs n'vons vgarde pas. J'héritâmes, de bonne heure Boss gralités de mon père, et, à dix-huit ans, je contractâmes mariage avec Anastasie Zanguillette dite Furtillante, que j'eûmes le bonheur de pincer dans mes flots, &s premier avril 1850, et, avec laquelle Anastasie, j’hsbitâmes, depuis ce temps, Dés côtes de la Nouvelle-Eoosse, autrefois appelée l'Acadie, à c'que m'ont dit mes pères. —Nous étions tous Pêcheurs dans not’e famille; mon père était Pôchour, ma mère était Pécherusse, eÉy’là comment je suis Pécheur de naissance et Acadien d'mon état. Tout allait à pleine voile, et j'vivais ben heureux entre mes morues, ma femme et mes enfants, déjà au nombre de dix-sept, quand v'la ti pas qu'o’te gueuse de politique est venue agiter si fort not’e Province, que les eaux du golfs s'en ressen-

tirent, etqu'tous les poissons, au lieu d’mord'e à la ligne, prirent le mord aux dents, :

et s'enfuyèrent du pays.

Mes amis et moé nous étonnassimes de leur s'ingratitude, vû qu’nous avions tow jours t'eu l’oœur d'les tirer d'l'eau pour les empêcher d’se nayer.

Alors qu'un vieux du Pays fit d’grandes assemblées, et qui nous ft comprendre qu'y avait pas d’anger qu'les poissons s’nayent, mais qu'o’était nous autres qu'allions t’être engloutis sous les impotations, et qu’c'était vot'e pays qu'allait nous caler! 1... L parlait encore, Monsieur, quand j'me suis dit: allons voir ces mauvais voisins qui s'oontentent pas de c'que le bon Dieu leur donne, et qui veulent tot arracher; j'ambrassâmes ma chère Anastasie ot l'plus jeune, et j’partimes pour v'nir d'mander compte à vote pays, d'l’avenir de mes dix-sept enfants ot d'la fuite de nos morues. Ab!

est une ben grande injustice ! mais vons étiez pas pour ça, vous, vous aves l'air comme i faut

Pierrichon:—Avant que j'vous répondions et que j'vous exposions mes opignens

politiques, j'orai qu’on f’rait ben d’vend’e queuq'chose; j'ai là une p'tite fiole guise "

fait emplir, en cachette d'ma femme, ben entendu, et si l'cœur vous en dit.

Morufort :—-Vous êtes ben bou, monsieur; la eue nous à enoore ae. éotto jouissance, et j'en avons pas pris depuis l'ancien système. ec à

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