‹ La coqueluche du quartier: vaudeville en un acteChapitre 4 sur 22 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les MÊMES, M"^*^ :\1L\ET, M"'« PINSON, M"'" UATAFL\, M"- GEÎGNKOX.

M""' PINSON. Quelle horreur!

M"'^' MINET. Quelle infamie 1

M""' GEIGNE13X. Quelle indignité!

M'"" PINSON . C'est pas assez du civil, il vous faut encore des militaires.

M'''" RATAFIA. Il paraît que le onzième arrondissement ne suffit pas à madame.

FRANÇOISE. Qu'est-ce que c'est, marchande de terre de pipe"

^me MINET. Dites donc, la débitante d'objets à plumes , il y a assez longtemps que ça dure, il faut que ça finisse.

FRANÇOISE. Quoi donc?

^me PINSON. De nous enlever nos maris.

M"'*" MINET. De les rendre maussades et exigeants.

jyjnie RATAFIA. De les faire devenir coquets et musqués.

FRANÇOISE. Est-ce douc moi qui ai fait tout ça ?

M""^ PINSON. Oui, ma chère.

FRANÇOISE. Vous vous trompcz , madame la coiffeuse.

M'"*^ RATAFIA. Du tout , madame la marchande de volaille. Ce n'est pas vos bêtes qui attirent par ici nos maris.

ROBERT, à part. Ils en trouveraient sans sortir de chez eux.

M""^ MINET, à Robert. Vous dites?

ROBERT. Je ne dis rien.

M"'*' MINET. Grâce à vous, nous ne mangeons plus que des poulets et des dindons.

FRANÇOISE, c'est bon pour l'estomac... ça engraisse.

^me PINSON. Au lieu de nous insulter, vous devriez tâcher de vous excuser.

FRANÇOISE. M'excuser... et de quoi donc? Est-ce ma faute si, pendant que je suis^occupée dans ma boutique, les passants s'arrêtent et me regardent en marmottant tout bas : Cré coquin! la jolie marchande de volaille ÎPourvu qu'on soit sage et qu'on fasse semblant de ne pas s'apercevoir de l'effet qu'on produit... personne n'a rien à vous dire.

Air : Dans mon comptoir. (Assemblée de Créanciers.)

Est-ce ma faute à moi Si l'on m' trouve jolie, Et si la jalousie Met les femm's en émoi '?

Puis-je empêcher l'chalant D'dir' d'vant mon étalage Qu' j'ai l' plus joli plumage D'tout mon établiss'ment '^

J'peux ben tous les jours, Mettr' de nouveaux atours;

M'attifer,

Me coiffer,

RI' pavaner,

M' bichonner, Fair' briller mes appas...

Pourvu qu'on n'y touche pas 1

Est-ce ma faute, etc.

ROBERT, à part. Quelle femme f elle mettrait dedans un recueil completde diplomates.

]Vi">e pjNsoN. Ainsi voilà tout ce que nous retirons de notre démarche?

M'"" MINET. ]1 faut lui arracher le veux

MAGASIN THEATRAL

ROBERT, à M"'^ Minet en la retenant. Je m'v oppose. Fichtre! comme vous y allez, la belle !

FRANÇOISE. Jilcoutez-moi , mesdames...

voire colère ne me fait pas peur... Cependant je veux bien me justifier... non à cause de vos menaces , mais pour monsieur Robert que j'épouse demain... et d'ailleurs ça me donnera occasion de me venger de vos njaris, qui m'ont fait avoir deux scènes aujourd'hui.

ROBERT. Je suis coupable de la première.

FKANÇOISE. Nous allous uous liguer toutes les quatre contre ces messieurs.

ROBERT. Est-ce que je ne pourrai pas faire ma partie dans le concert dont vous allez régaler nos trois particuliers ? Je suis encore garçon. .. j'ai le droit jusqu'à demain de taper sur les maris... sauf à tendre le dos quand je serai leur confrère.

FRANÇOISE. Ils vont arriver bien sûr tous les trois... venez avec moi, mesdames , je vous ferai part de mes projets.

ROBERT. Et moi ?

FRANÇOISE. Demain je n'aurai plus de secrets pour vous. . mais aujourd'hui vous ne pouvez nous suivre.

ENSEMBLE

AïK : Fartons, messieurs. (Lansac.)

{ Allez, partez laissez-moi faire,

/ Allons, partons laissons le faire,

Je réponds /

, , } de les occuper.

Il repond )

Mon ) ^.,. , ., ,

} amabilité, j espère, Son )

Tous les trois va les retreniper.

Les femmes sortent.

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