SCÈNE VIII
MARGUERITE , s’est assise en pleurant sur un banc auprès du châlet,
MARGUERITE, à elle-même , tenant la cornette.
Oh! M. Peters... c’est vous qui êtes cause de tout ce qui m’arrive... mais un jour, j’espère, vous en serez puni t
GRETTLY, à elle-même en sortant de l’auberge.
Par exemple! aller à la fête... non, non, je suis trop mal fagoltée... je ne me montrerai pas comme çà.
MARGUERITE à elle-même.
Mon Dieu ! mon Dieu !... vous savez que je n’ai pas mérité cette honte. (Elle regarde le bonnet.)
GRETTLY, en marchant, elle aperçoit Marguerite.
Alt! la belle coiffe !... à la bonne heure, si j’en avais une pareille î... c’esl la bonne ! (A elle-même.) Je vous demande un peu s’il est permis à une servante!.,. Ah ! la belle cornette J ma fille ?.,. (Elle s'approche.) Quelle est donc jolie !... et toute neuve?... vous ne l’avez jamais porlée?
MARGUERITE, chagrine.
Jamais, par exemple!... et, certainement, je ne m’attendais pas à l’avoir.
GRETTLY.
C’est un cadeau qu’on vous aura fait?
MARGUERITE
Oui, un joli cadeau!
GRETTLY.
Il faut que ça soit un homme bien galant!... (Haut en u tâtant) C’est du satin, et que belle couleur !... Vous n’aimez pas cette nuance là ?
MARGUERITE
Air : C’est bien la faute à maman et papa.
Il semble vous plaire ?
GRETTLY.
Oh! Dieu! s’il m’piairait!
De vous en défaire Auriez-vous l’projel !...
Mais, dans des prix doux...
MARGUERITE
Ah ! je n’y tiens guère.
GRETTLY.
Je n’ai, voyez-vous,
Que quatre livr’s dit sous,
MARGUERITE, tristement.
Il ne m’a rien coûlë... Je vous le cède au même prix si vous voulez...
GRETTLY, d’un ton grave.
Oh ! du tout, ma fille... recevoir d’une subalterne!... Il y a des personnes médisantes... quand on saura que je l’ai payé, çà ne sera plus du tout la môme chose.
MARGUERITE
Ah! (A part) au fait, c’est peut-être l’usage du pays!... mais, que je vous explique...
GRETTLY.
C’est inutile.
Même air.
Pour que j’en jouisse,
(J’ai ma p’iit’fierté !)
Il faut que je puisse*
Dir’ c'qu’il a coûté.
(D’un ton câlin et mettant la main âla poche.)
Voyons, voulez-vous M’retulre un grand service?
Voyons, voulez-vous Mes quat’ livr’s dix sous?
MARGUERITE
Prenez-le, Mamzelle, et je vous fais bien des remerciements.
GRETTLY.
Vous ne m’en devez point... je ne suis pas mécontente de mon marché.
MARGUERITE, avec joie, oh ! ni moi non plus. (Elle prend le c irton).
GRETTLY, â part.
Faut-il qu’elle soit bête, celte petite? (Allant à eue) Ah! écoutez, ma petite... nous n’avons pas besoin d’aller parler de nos affaires... ça ne regarde personne, n’est-ce pas?
MARGUERITE, sur le seuil.
Je vous promets de ne pas m’cn vanter!.., adieu, Mamzelle.
• GRETTLY,
Bonjour, bonjour, ma fille 1