SCÈNE XVII
MALTHUS, MADAME WOLFF, SCHMADRIBACH, MAR- GUERITE, ensuite les VILLAGEOIS, puis GRETTLY.
MADAME WOLFF, furieuso à Schmadribach.
Qu’ai-je appris, monsieur, vous me faites l'affront de refuser ma nièce ?
SCHMADRIBACH, saluant.
Oui, madame, j'ai cet honneur là! (Allant au fond.) Holà ! liais!... 1rs amis !
TOUS, entrant de plusieurs côtés du fond.
Nous voilà, qu’y a-t-il ?
SCHMADRIBACH.
Il y a que je suis ivre !
MALTHUS, vivement.
Comment, débauché!
SCHMADRIBACH.
Ivre de joie!... je jubile de bonheur!... mes amis, mes concitoyens.,, je vous ai réunis pour la proclamation de ma nouvelle moitié... (A Marguerite qui se tient dans un coin.) Venez, ma future, ne soyez pas z’honleus ■.
TOUS, avec surprise.
Tiens, c'est elle !
MADAME WOLFF
Ma servante ?
GRETTLY, à part, se montrant sur le côté gauche, n* t.
Ali 1 quelle humiliation !
MADAME WOLFF
Comment, effrontée, vous avez osé séduire cet imbécile ?
SCIIMADRlBACfl, se retournant.
Non, madame, elle ne m’a pas séduit... je me suis séduit moi-môme... telle que vous la voyez, elle est au-dessus d’une Grettly... comme la Yung-Frau est au-dessus du Grindelwald.
Air : Patrie honneur.
Son cœur naïf, ses vertus, sa pudeur Et tous les dons dont.
MADAME WOLFF, et les autres, parlant.
Tu'rIs U>la,e « l 4 ^* diu
SCHMADRIBACH, la présentant.
Rendez-lui tous hommage !
CBETTI.V, à part. '
Ouf, oui, je vas lui rendre hommage et son bonnet avec!
(Elle se glisse derrière les chœurs.)
SCHMADRIBACH, qui est passé & gauche.
M. le notaire, griffonnez pour mon bonheur, (n remmène dans l’uubergc.) Je vas vous dicter pour les intéiéts : 1° Je ne lui donne l ien ; 2“... (Gr tllv, qui a passé par derrière de gauche à droite se trouve arrivée pris de su tante qui l’aperçoit et veut l’accabler.)
GRETTLY.
Laissez-moi donc passer. (Sautant sur Marguerite*.) Vous voilà donc, petite intrigante? marchande de bonnets jaunes t
MALTHUS, et plus': surs autres.
Que dit-elle?
GRETTLY.
Que mademoiselle... (Pleurant) a abusé de mon innocence... c’est elle qui m’a vendu celui-là !
MADAME WOLFF
Eh ! oui... il appartenait à celte aventurière, qui a eu la perfidie...
MARGUERITE, pleurant aussi.
Non, madame... c’est clie qui en a en envie, elle m’a forcée à recevoir son argent.
GRETTLY.
Ah ! ça, c’est vrai !
MADAME WOLFF
Petite sotte!... elle achetait de quoi se faire mépriser!
* Malthus, Marguerite, Grettly, Va ‘.lame Wolff,
GRF.TTLY.
Aussi, vous allez le reprendre!...
MARGUERITE
Du tout... je n’en veux pas!
MALTHUS, impérativement.
Le gouvernement vous l’ordonne! (Madame Wolff, le lui met de force.) *
GRETTUY, pendant que Marguerite se laisse faire et d’un ton protecteur.
Et si vous êtes gênée pour mes quatr’ livres dix sous, je vous accorderai du temps !
SCHMADR1BAGH, revient et donne un papier au notaire, avec empressement.
Là, voilà qui est prêt... les témoins peuvent comparoir, le notaire est dressé... non ! je veux dire le contrat...
GRETTLY, passe devant lui au n° 1.
C’est bon ! je serai vengée !
SCHHADRIBACH, la repousse gravement sans la regarder.
Éloignez-vous, ange déchu.
* MADAME WOUFF, avec ironie.
Faisons place à sa belle fiancée.
SCHMADRIBACH.
Oui, venez recevoir le prix de vos vertus.
TOUS, riant.
Ah 1 ah ! (Marguerite s'avance en suffoquant et se cachant la figure dans son mouchoir.)
SCHMADRIBACH, aperçoit alors qu'elle porte la cornette, recule étonné.
Ah! l’horreur... est-ce que j’ai la jaunisse?... ("Avec fureur.) O sexe charmant et abominable... Il est donc dit qu’il n’y en aura pas la queue d’une !...