TOUS
Hein ?
MALTHUS, prenant le milieu.
Alors, monsieur, je vous somme de le dire.
SCHMIDT
Dieu merci, je n’ai plus de raison pour le cacher, puisqu’il m’appartient.
SCHMADRIBACH.
A vous?... et à Greltly ?... ah!
GRETTLY.
Laissez donc, il n’a jamais voulu m’épouser 1
SCIIMADIUBACn, avec douleur.
Raison de plus... ça se voit tous les jours,
MADAME WOLFF, qui a découvert Marguerite au fond et la ramenant.
Avancez donc, petite intrigante! voilà le père de votre enfant !
SCIIMIDT, vivement.
M. le bailly, vous certifierez, au contraire, que je reconnais cet enfant, cette marque, ces deux lettres II. S. *
SCHMADR IBACH.
Ça veut dire Hantz Schmadribach 1
SCHMIDT
Mais, corbleu ! cela veut dire aussi : Henry Schmidt l
MALTHUS, d’un air imposant.
Hé ! lié ! cela n’est pas impossible !
MARGUERITE, s’avançant avec joie.
M. Schmidt 1 vous seriez donc le major de votre sergent î
SCHMIDT
Mais, oui !... le petit Péters... Et vous seriez donc la jeune fille qu’il aime?
MARGUERITE
Oui, monsieur, Marguerite Verner. (A madame Wolff.) Voyezvous, madame, que je ne vous ai pas menti?
SCHMADRIBACH, qui prête une grande attention.
Ah! ah ! ah ! bien !
SCHMIDT
Tout s’explique d’un mot : il avait fallu dérober mon fils à la colère d’une famille...
MALTHUS, révolté, achevant.
Quoi, monsieur, vous seriez un séducteur?
SCHMIDT, d’un ton ferme.
Non, mais un époux légitime, dont le mariage était caché depuis un an, monsieur le Syndic!
SCHMADRIBACH , calculant, à lui-même.
Bon !
SCHMIDT
Ce beau sergent Péters avait mon secret. Il s’était chargé de remettre ce précieux dépôt à une brave fille...
SCHMADRIBACH.
Bien !
MADAME WOLFF , se rappelant,
Qui le trouva sur son balcon ?...
MARGUERITE
Elle fut chassée à cause de ça!... mais elle n’a jamais voulu l’abandonner.
SCHMIDT
Et elle en sera récompensée par une dot pour épouser Péters.
* Gretlly, Madame Wolff, Schmidt, Marguerite, Malthus.
MARGUERITE
Oh ! quel bODbeur! (Scbmadribach,qui a un doute) s’avance pour parler.)
MALTHUS
Tu n’as pas compris ?
SCHMADRIBACH.
Pas un mot,., je ne suis pas très-fort sur le code militaire.
GRETTLY, & Schmadribacli.
Enfln, vous voyez que je suis toujours innocente?
MARGUERITE
Et moi aussi 1
SCHMIDT
Air : Lise épous’ l’beau Gernance.
Bonne et sage Marguerite,
Pour qu’avec vous je m’acquitte,
Je veux vous donner demain Un bon mari de nia main.
Je vous dois, comme revanche,
Pour payer votre bienfait,
Une belle couronne blanche Au lieu de c’vilain bonnet.
MALTHUS
La fille du père Bigorne,
Du département de l’Orne,
En revenant de Paris Se vit chasser d’son pays.
Quand elle était loin de Carrouge Qu’est-ce qu’elle avait donc fait ?
Par dessus le moulin rouge Elle avait j’té son bonnet.
MADAME WOI.F.
L’autre nuit, j’crie à ma bonne :
Descendez, le premier sonne,
U veut souper et s’chauffer.
Oui, mada$’ ; je vais m’ coiffer Montez du bois de la cave...
Mais que vois-j’, quand ell’ parait?
C’était lltépi d’un zouave Qu’elle avait pris pour bonnet.
MARCUERITE.
A des p’tit’s dames qu’on prône,
Si l’on mettait l'bonnct jaune Pour montrer qu’elles ont eu Quelque accroc à leur vertu;
D’après cet usage en France,
Au lieu d’ehapeaux à grands frais,