LETTRE AU CITOYEN HEINTZLER
(Novembre 1790)
Dans le numéro 272 de V Ami du Peuple, Mâral avait raconté les malheurs d'un facteur de clavecins, nommé Heintzler, dont
1. L'idée seule de votre vertu aurait fait trembler les conspirateurs, et aurait contenu tous les conjurés dans le devoir. (Note de Marat)
un commissaire de police, du nom de Fontaine, avait séduit la femme. Celle-ci, à l'instigation de Fontaine, avait volé l'argent de son mari pendant son absence. Ces faits remontaient à l'année 1780; mais, depuis lors, Heintzler, persécuté, réduit à se cacher, frappé enfin d'une longue maladie, n'avait pu obtenir justice. A la suite de cet article de Marat, Fontaine s'était plaint de diffamation publique. Mais, presque aussitôt, le 9 novembre 1790, il avait fait offrir à Heintzler un arrangement. Celui-ci écrit alors à Marat, à cette date du 9 novembre, pour lui demander conseil. Marat publie la lettre de Heintzler et sa propre réponse dans le numéro 284 de VAmi du Peuple (jeudi 18 novembre 1790).
Le devoir et l'honneur vous font une loi de persister dans vos sentiments. La sûreté publique exige que les violateurs des lois soient punis ; soyez tranquille, je reparlerai de votre affaire, et vous ne manquerez pas de défenseurs.
Marat, l'ami du peuple.