‹ La correspondance;Chapitre 66 sur 107 · L'Ami du Peuple, n° 297 (mercredi 1er décembre · texte numérisé non relu

L'Ami du Peuple, n° 297 (mercredi 1er décembre

dont l'un est le chef anti-révolutionnaire de l;i municipalité, et l'autre le chef contre-révolutionnaire de la garde citoyenne, sont faites pour inspirer de la défiance. Que penser de votre jugement, ou plutôt de votre civisme, lorsqu'on vous entend leur donner les titres de héru&, de défenseurs de la lib> ■vtéçl

Quoi qu'il en soit, monsieur, il importe à votre tranquillité et plus encore au salut public que vos vrais sentiments soient bien connus. Je vais les mettre à une épreuve éclatante, qui fixera d'une manière irrévocable l'idée que le peuple doit avoir de vos vertus civiques. Quinze cents commissaires du roi pour les nouveaux tribunaux ont été désignés par votre prédécesseur, de honteuse mémoire; ces commissaires, choisis parmi l'écume des gens de loi, la lie de l'ancienne magistrature, sont la plupart des procureurs généraux, des lieutenants de bailliages, des subdélégués d'intendants, hommes sans foi et sans loi. bien connus par leurs vices, leurs méfaits; tous ennemis déclarés de la révolution, et presque tous tyranneaux du peuple, presque tous flétris par l'opinion publique. Je n'ai plus qu'un trait à ajouter, c'est que le Blanc de Verneuil et Boucher d'Argis sont du nombre. Un pareil choix devait exciter l'indignation publique; aussi a-t-il élevé de toutes parts de vives réclamations. Des hommes de cette espèce ne peuvent que servir le despotisme et perdre la liberté; ils n'ont encore que des bons du roi, bons surpris à sa crédulité par l'infâme Champion, bons nuls de droit, si le monarque a l'ombre de justice, bons qui doivent être révoqués sans délai. Vos devoirs de chef de la magistrature, et plus encore vos devoirs d'honnête citoyen, de vrai patriote, vous font une loi sacrée, monsieur, de faire suspendre leur installation, de prendre connaissance des raisons de récusation alléguées contre eux, et de taire révoquer tous ce u : qui ont démérité, pour nommer à Leur place des hommes intègres et judicieux. Confirmer leur choix serait vous couvrir d'opprobre, et vos protestations d'intégrité et de patriotisme ne passe-

LA CORRESPONDANCE DE MARAT i 87

raient bientôt plus que pour ces lieux communs dont vos prédécesseurscouvraientleur déloyale hypocrisie L'épreuve à laquelle le public vous appelle aujourd'hui par ma voix est douloureuse,- mais il attend de vous en voir sortir avec honneur. Si vous reculez, votre procès est tout fait : bientôt, poursuivi comme ennemi de la nation par les écrivains patriotes, vous tomberez dans le mépris et votre règne n'aura duré qu'un jour.

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