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La corruption, le Sacré Coeur de Jésus [microforme]

Sermon préché à l'Eglise de St. Jean de Québec, le13 Août 1873. par ie Révérend N. Levesque Lafrance, Ptre., Curé de Port Daniel.

On lit dans l: NOUVEAU MONDE du 17 Septembre dernier :

On nous fait l'honneur de nous adresser le sermon sui. vant mis en brochure. Il renferme des choses très-sévères ;

riais comme exposé de principes, nous sommes bien forcé de les admettre.

Allez, prêchez partout la dévotion au sacré cœur; elle doit être le salut du monde.

Paroles de notre vénéré Pontife, Pie IX, Pape.

Gette parole du Saint Père a été portée jusqu'aux extrémités de la terre. Nous l’avons entendue dans notre religieux Canada, et les Evêques de cette Province Ecclésiastique, animés du même esprit que Pie IX, ont ordonné une consécration publique et solennelle de toutes les paroisses et de toutes les communautés, au Sacré-Cœur de Jésus, ce vivant symbole de son immense charité pour les hommes. Il reste maintenant à tirer les conséquences pratiques de cette belle dévotion, pour toutes les circonstances de la vie, tant pour la vie privée, que pour la vie publique qui n’est qu'une extension de la vie privée.

Le Cœur de Jésus nous est proposé pour modèle. C'est sur iui que nous devons former le nôtre. Le cœur de l'enfant, celui de la mère de famille, du père de famille, du prêtre, du citoyen, de l’homme public, tous doivent se modeler sur le cœur de Jésus.

En lisant l'Evangile, nous voyons que J.-C. a renfermé tous les hommes dans son cœur. Chaque page respire la charité, la mansuétude, la miséricorde. Il n’a eu de malédictions que pour le& Pharisiens hypocrites, c’est-à-dire, pour les ennemis de la vérité, pour ceux qui affectionnent les ténèbres et le mensonge, parce que ceux-là sont plus particulièrement les enfants du démon qui est appelé le père du mensonge.

Les disciples doivent imiter le maître. Les disciples de Jésus doivent comme lui aimer tous les hommes, vivre en paix avec tout le monde, autant que cela se peut, dit St. Paul ; et cela se peut toujours, excepté avec les ennemis de la vérité, avec ceux qui, plus par calcul que par passion, haïssent et trahissent la vérité pour les misérables intérêts de ce monde. Pas de paix possible avec ces hommes. St. Jean, l’apôtre de la charité, nous défend même de les sa. luer. Il n’en est pas moins vrai que Dieu veut le salut de tous les hommes, et que les plus grands pécheurs n’out qn'’à le vouloir pour obtenir miséricorde. A ceux surtout qui sont dans l’erreur, mais qui ne demandent qu’à en sortir, à ceux qui, trompés par de fausses apparences, servent le mal en croyant servir le bien, le cœur de Jésus est ouvert. Ceux-là trouveront toujours dans le cœur de Jésus des torrents de lumières pour les éclairer, avec une incommensurable charité pour ‘*s aimer, les changer, les transformer en véritables enfe: :s de Dieu. Ils ont droit aussi de trouver dans le cœur de leurs frères, amour, charité, pitié et secours.

La raison qui a porté le Saint Père à recommander la dévotion au Sacré-Cœur est évidente. Du haut des sept collines d’où son regard embrasse le monde, il a vu que la cause de tous nos maux est dans le refroidissement de la charité. Le mal est plus encore dans les cœurs que dans les intelligences. L’égoïsme est partôut. Chacun s'aime

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soi même et aime les siens, sa famille, le petit cercle de ses Amis, mais hors de là, le cœur n’a plus d'expansion ; hors de là, tout n’est que froideur, dureté, indifférence. Or, le Saint Père, pour remédier au mal, nous montre le cœur de Jésus, il nous le désigne, et de la voix et du geste, et du regard,ce cœur vaste comme le monde, cette fournaise d'amour ce Cœur qui a tant aimé les hommes, ce Jésus qui est mort pour tous, Pro omnibus mortuus est, et Qui serait mort pour chacun de nous en particulier, si nous eussions été seuls au monde, de sorte que chacun peut dire avec St, Paul : «il m'a aimé et s’est livré à la mort Pour moi. Tradidit semet ipsum pro me. Le Pape voudrait nous voir tous ressembler à St. Paul, ce grand âpôtre, ce grand Cœur, qui écrivait aux Corinthiens : “Ma :bouche s'ouvre, Ô Corinthiens, et mon cœur se dilate vers vous. Je vous porte tous dans mon cœur et vous n’y êtes point à l’étroit.” OS nostrum patet ad vos, O Corinthii, cor nostrum dilatatum est.

C’est là une des fins de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, un des points de vue sous lequel on la peut considérer : l'amour de tous les hommes se confondant dans l'amour du cœur de Jésus. Oui, mes frères, au-dessus de l'amour de ses proches, de ses alliés, de ses amis, amour restreint et borné, il Y à cet amour admirable qui doit existr entre tous les hommes, quels qu’ils soient, et qu'’ello que soit la diversité de leur race, de leur langue et de leur position.

Dieu veut que tous les hommes indistinctement tout en respectant les lois du sang, se dégagent des préjugés qui les séparent, qu’entre tous cessent Ces haïines, ces jalousies, ces rivalités, ces antipatuies, source de tant de maux et d’injustices, pour faire place au règne de la charité et dela concorde.

Cela ne détruit certes . pas les liens sacrés qui doivent unir les membres d’une même famille. Non. Les parents sont obligés d'aimer leurs enfants. Les enfants sont obligés d'aimer, de respecter et de secourir leurs parents. (C’est la :0i de Dieu et l'Eglise en son nom, nous apprend que rien

ne peut dispenser un enfant de remplir ce premier des devoirs.

Mais comment alors, dira-t-on peut-être, expliquer ce texte clair et formel de l'Evangile: ‘ Celui qui ne haït pas son père et sa mère, ses frères et ses sœurs, ne peut être mon disciple”? Ces paroles de l'Evangile sont facilement comprises lorsque les cœurs se confondent dans le eœur de Jésus, symbole d’une charité universelle. Elles nous font comprendre que l'Evangile veut donner plus d’essor aux sentiments fraternels qui doivent exister entre tous les hommes, qui veut faire passer avant tout le service de Dieu la justice, le devoir ; elles sont la condamnation la plus complète de cette erreur, non de l'intelligence, mais du cœur, qne l'Eglise a flétrie sous le nom de népotisme, erreur qui place au dessus de l'intérêt général, l'intérêt des familles.

Cette loi est si importante, a une telle portée sur le monde qu'elle se trouve, sous différentes formes et em maints endroits, reproduite dans l'Evangile. Nous la retrouvons dans ces paroles de Jésus-Christ, déclarant qu’ ‘“ilest venu apporter la guerre dans le monde, séparer le père du fils, la mère de la fille.” En effet, interrogez les martyrs des premiers siècles, aujourd’hui encore, demandez-le aux fils de l'Irlande, aux enfants de la Pologne, et ils vous apprendront que le chrétien n’est pas appelé seulement à verser son sang pour la foi, ou à prendre le chemin de l'exil, mais qu’il lui faut souvent rompre tous les liens du sang, se séparer de son père, de sa mère, de ses frères etde ses sœurs, et ‘‘ avoir pour ennemis ceux de sa propre maison.”

En bien des circonstances, dans un temps de persécution, par exemple, tous les fidèles sont appelés à pratiquer à la lettre ces paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ. Mais elles s'appliquent d'abord tout particulièrement aux prêtres, aux religieux, à ceux que Dieu appelle à le suivre de plus près. Età mesure qu’un homme est élevé dans la hiérarchie sacrée, l'obligation de pratiquer le conseil évangélique devint plus étroite. Le curé de paroisse doit oublier son père et sa mère, ses frères et ses sœurs, agrandir on Cœur, et aimer plus que toute chose au monde, les âmes que Dieu lui a confiées, le petit coin de terre où la Providence l’a

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placé. Le cœur de l’évêque se dilate, s'agrandit encore davantage, pour que sa famille spirituelle augmente, et que Dieu l’établit premier pasteur sur une multitude de paroisses. L’archevêque porte dans son cœur toute une Province Ecclésiastique, Enfin le Pape, pontife suprême, évêque des évêques, docteur infaillible. de l'Eglise. Oh! lui surtout doit oublier son peuple et la maison de son père et porter dans son cœur le genre humain tout entier. Il est le père commun des fidèles.

Tous out un libre accès auprès de sa personne, Vicaire de J.-C., vraie image de Dieu sut la terre, on peut lui appliquer ces paroles du poête :

ll entend les soupirs de l'humble qu’on outrage, Juge tous les mortels avec. d'égales lois, Et du haut de son trône, interroge les rois.

Sans doute il y a des degrés dans cé détachement des liens de famille. C’est un conseil évangélique que l’on pratique plus ou moins parfaitement, selon les circonstan: ces où l’on se trouve et selon que lon est plus où moins saint.

Les saints l'ont pratiqué à un degré qui nous étonne. Plusieurs ont paru durs à leurs plus proches pareuts; et en Cela, ils n’ont fait que se conformer au divin modèle: Ecoutez J.-C., à l’âge de douze ans, parlant à sa mère qui le cherchait depuis trois jours: Pourquoi me cherchiez: vous ? Ne savez-vous pas qu'il faut que je sois occupé à ce qui regarde le service de mon Père?” Et cependant Jésus- Christ aimait sa mère. Sur la croix même, au milieu de

Son agonie, la pensée da sa mère le préoccupe ; il la confie

à St. Jean. Les derniers battements de son cœur, avant que la lance du soldat le percé, sont pour la Vierge Immaculée qui l’a porté dans son sein. Or, les saints qui ont étudié ie cœur de Jésus, ont tout compris, et ils ont su concilier et pratiquer toutes ces paroles de l'évangilé qui nous paraissent inconciliables, à nous qui n’étudions pas assez Cet abîme sans fond de toutes'les perfettions divines.

Après le prêtre, ceux qui doivent le plus së tenir-en garde Contre le népotisme, et prendre Jésus-Christ pour modèle,

ce sont les hommes publics. Tous ceux que Dieu appelle à gouverner des hommes d‘ivent puiser leurs inspirations dans le cœur de Jésus. S'ils n'ont ni l'intelligence assez haute, ni le cœur assez grand pour s'élever au dessus des intérêts personnels et sortir du cercle étroit de la famille, qu’ils se contentent de servir Dieu dans la vie privée, et qu'ils n’aspirent pas à conduire les affaires de la patrie, à veiller aux iutérêts de leurs compatriotes, de leurs concitoyens. Ils y porteraient leurs idées étroites, mesquines, et sacrifiraient le bien général à leur ambition particulière.

L'homme publie, dans un pays chrétien, doit avant tout se bien pénétrer de l'esprit de ces paroles : ‘‘ Celui qui ne hair pas son père, sa mère, ses frères, ses sœurs, ne peut être mon disciple.” Sinon, il ne pourra que s'occuper de lui-même et des siens, et si par hasard il s'élève un peu audessus de l’égoisme et du nepotisme, ce sera non pour travailler au bien général de son pays, mais pour servir les intérêts d’un parti auquel est attachée souvent sa fortune et cellee de sa famille.” Au lieu de chercher à rallier tous ses compatriotes dans un même esprit et dans un même cœur, il cherchera plutôt sous de vains et futiles prétextes à étermser ces malheureures divisions qui les affaiblissent ; il se servira même, par un rafinement d’hypocrisie, du mot sacré de religion, afin de mieux semer et entretenir la zizanie parmi ses frères, en exploitant les sentiments reli. gieux si profondément enracinés, en général, dans le cœur des populations. L'homme public qui oublie les saints préceptes de l'Evangile, et se laisse guider par l'esprit de parti, s’opposera aux réformes les plus urgentes, de crainte de mettre en danger le parti où sont ses intérêts—il aimera mieux voir échouer les plus belles entreprises publiques, des populations entières souffrir de la plus horrible misère ou prendre le chemin de l'exil, voir enfin trôner en maître dans son pays, le parjure, la violence, la plus honteuse corruption, plutôt que de s’exposer à voir d’autres hommes le remplacer.

Si l'opinion publique se réveille, si les clameurs d'un peuple resté chrétien, malgré tout, lui forcent la main, il accordera ces réformes, mais avec des clauses qui les annw

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aus la pratique, parce qu'avant tout, il lui Jaut sauver ntéréts de son parti, parce que faire disparaître la cortion, la violence, les abus qu'il exploite, dont il profite, ail faire crouler en même temps l'édifice de sa fortune.

Tout inspiré par le méme esprit étroit, l’homme public sans cœur, Sans entrailles, louera des écrivains dont l'uni-

/ que occupation sera de prodiguer des éloges exagérés à ses

partisans, el de déverser la calomnie d flots sur ses adversaires, sans tenir aucun compte ni de la vérité, ni de la ustice, ni de l'honneur. Et ce n’est certes pas le moindre mal que de s'emparer de jeunes gens instruits d'un Pays pour les façonner au mensonge, leur faire prostituer leurs talents, leur apprendre l'art de noircir les plus belles actions, et de faire paraître sous un beau jour les plus criminelles entreprises. Et ces écrivains ne réussissent que trop d tromper l'opinion, d surprendre souvent la bonne foi des hommes considérés avec raison comme les plus honnêtes et les plus influents.

Ce mal si opposé aux sentiments d'amour et de charité prèchés par Notre Seigneur Jésus-Christ, est général dans tous les pays, et malheureusement notre Canada si profonment catholique, si sincèrement attaché aux saintes lois de la-religion, est déjà atteint, lui aussi de ce mal, qui mine et. ruine les plus belles comme les plus fortes nations. Inutile d'appuyer sur le triste spectacle que nous donne notre pays depuis un certain nombre d'années.

Vous connaissez cette page de notre histoire, vous savez tous les efforts que l'on a faits pour diviser les Canadiens qui Ont tant besoin d'union pourtant, pour perdre des adversaires et les discréditer, en désignant par un mot qui réveille des idées de sang et de carnage, une foule d'hono. ble ciloyene, enfants soumis de l'Aglise, qui ne voulait après tout que jouir paisiblement des droits qui leur sont garantis par la constitution de leur pays. °

Et par une étrange anomalie, beaucoup de ces calominateurs pourraient eux-mêmes être appelés des hommes de sang, puisque ce sont eux qui soulèvent contre des frères,

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les mauvaises passions, les préjugés, les colères, les haitk,

Voilà jusqu'où peut aveugler l'esprit de parti, voilà jù

qu’'où peut descendre celui qui n’a pas un grand cœur, qà s'aime bien lui-même, qui aime bien aussi sa famille, soi parti, mais qui ne peut pas dire à un grand peuple comme l’apôtre Saint Paul aux Corinthiens : “ Je vous porte tous dans mon cœur et vous n'y êtes pas à l'étroit."”

C'est là une des tristes conséquences de cet affreux sys tème de corruption et de. désordres dont les Evêques de cette Province Ecclésiastique se sont plaints avec tant de raison, contre lequel ils n'ont céssé de protester depuis de longues années sans qu’on ait encore pris des moyens eff caces de remédier à un état de choses ‘ qui merace d'ébranler la société civile jusque dans ses fondements. ”

Mais il n’y a pas que ceux qui o ‘upent de hautes posi-

‘ tions dans la société qui doivent s'intérésser au bien public

et puiser leurs sentiments dans le cœur de Jésus. Le plus humble citoyen ne doit pas rester indifférent aux malheurs qui désolent son pays, de même que le dernier des fidèles, s’il a du cœur et s’il aime l'Eglise, doit prendre part à ses épreuves et à ses combats comme à ses joies et à ses triomphes dans le monde entier, Le vrai catholique s’intéresse aux affaires de l'Eglise et au bonheur de ses frères non seulement dans sa paroisse, dans son village, dans son diocèse, dans son pays, mais dans tout l’univers. Il n'oublie jamais que l'Eglise n’est bornée ni par les fleuves, ni par les. mers, ni par les montagnes, mais que toutes les nations lui ont été données pour héritage,

Dans nos prières, ne nous laissons pas dominer par l’égo. isme ; ne nous occupons pas seulement de nous-mêmes ou de nos proches; élargissons nos cœurs et prions les uns pour les autres. Nos prières n'en seront que meilleures et plus dignes d’être exaucées. J. C. nous a appris à prier de cette manÿère dans cette admirable formule qui renferme tout ce qu'un cœur chrétien doit désirer et demander. Îl ne nous fai: pas dire‘: Mon Père, qui êtes aux cieux, Donnezmor mon pain quotidien, mais: Notre Père, Donnez-nous notre sain; parce que le bon chrétien aime tous les hommes

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Avant tout, le vrai catholique prie pour le Pape qui est

âargé du gouvernement de l'église universelle, et ses frières doivent redoubler d’ardeur à mesure que se multiplient et grandissent les épreuves et les afflictions dont on ne cesse de l’abreuver. L'Evêque établi de Dieu pour régir une portion de l’église, et qui doit rendre compte de nos âmes comme de la sienne, a aussi une part dans les prières quotidiennes du véritable catholique qui n'oublie pas non plus le prêtre chargé de lui annoncer la parole de Dieu et de lui administrer les sacrements, et après avoir prié pour le Pape, pour son Evèque, pour le curé de sa paroisse, l’homme de la vie privée se souvient aussi de ceux que la Providence a placés au-dessus de lui, qu’elle a chargés des affaires publiques les plus importantes, et qui souvent sont environnés de grandes difficultés, exposés à milie tentations, et qui ont sans cesse besoin que Dieu les éclaire pour le bonheur du peuple.; Voyez l'église, elle ne les oublie pas dans les prières du prône où elle dit: “ Nous vous prions aussi, Mon Dieu, pour notre législature, pour Son Excellence le gouverneur, pour les magistrats et officiers de cette province, etc., etc., afin que tous emploient leur autorité pour la gloire de votre saint nom, pour le bien de votreféglise, et pour le salut de votre peuple.””

Et en priant ainsi pour le bonheur de tous, nous agissons dans nos propres intérêts, car le bonheur ;des individus dépend intimement du bien public. En nous oubliant nousmêmes, nous obtenons tout et pour nous-même et pour les autres, et nous sommes fidèles aux lois de l'Evangile jqui ne”veut pas renfermer dans des cercles comprenant à peine quelques individus unis par le sang, des alliances, ou des intérêts, l'amour prêché par J.-C. ; mais qui veut le généraliser, l’étendre, et embrâser tout le monde, et faire de toutes les familles, de toutes les nationalités, de toutes les races, une seule et même famille, la grande“famille chrétienne et catholique, confondue dans le saint amour du Sacré cœur de Jésus. Elargissez vos cœurs tous les jours. Priez

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surtout lorsque vous êtes tous réunis dans ce pieux sant. aire, au pied de l'autel de la Vierge Immaculée, mère b Dieu, oh! alors, Surtout, épanchez votre âme devant so image. Priez pour vous-même, pour vos parents, cit VOS ennemis, pour vos amis, pour la ville où Vous avez pour la première fois vu le jour, pour votre Pays, pour l'Eglise, Pour tous les hommes. Et il nous sera alors donné de Voir la paix dans nos familles, l’union entre les citoyens d’une même paroisse, d’une même ville, la prospérité de noté Commune patrie, cette terre natale, noble entre toutes, où nous devons passer les jours de notre pélérinage, avant d'entrer dans la patrie future, là où toute division cessera, où l’on n'entengra plus ni cris, ni pleurs, ni gémissements, mais Où règneront à jamais l'ordre, l’harmonie, la charité, ia justice, la paix des enfants de Dieu, et l’éternelle félicité que je vous souhaite du fond de mon âme.

pieux san.

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