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C. Communes diverses

En dehors d’Ajaccio et de Bastia, les Archives communales sont en général de bien mince valeur et d’ailleurs fort mal entretenues. Le rapport de l’archiviste départemental pour l'exercice 1879-1880 en démêlait les raisons qui, après quarante ans écoulés, restent en beaucoup d’endroits encore exactes aujourd'hui. « D’abord à chaque changement de maire, les papiers sont jetés dans une corbeille puis transportés à la demeure du nouveau titulaire. Secondement, les communes étant la plupart trop pauvres pour pouvoir faire dresser un inventaire, beaucoup de livres, de registres et de liasses disparaissent sans qu’on s’en aperçoive. Enfin, il faut ajouter qu’un grand nombre de maires et d'habitants de la campagne ne comprennent pas l'utilité des Archives, et par suite n’apportent aucun soin à leur conservation » (), D'autre part, les tournées de l’archiviste départemental n’ont été organisées de façon sérieuse et suivies de résultats efficaces que dans une période relativement récente. Elles n’avaient pas toujours lieu, soit en raison de la faiblesse du crédit affecté (rapport de 1880-1881), soit à cause du mauvais temps (1884-1885), de la pluie qui est tombée au mois d'avril (1881-1882), ou qui s’est prolongée jusqu’en juin, soit enfin par suite de diverses circonstances (1889-1890) : l’archiviste de 1884 signale qu'il lui fallait attendre à Ajaccio une lettre de Marseille, et ce simple aveu (1883-1884) en dit long sur l’état des communications et la nature du service postal. Quand les inspections avaient lieu, elles étaient souvent inopérantes, parce que l’archiviste se heurtait, en l’absence du maire, à des armoires closes dont les clés demeuraient introuvables (passim); aussi bien, l’an-

(1) Sur le peu de respect que les Corses apportent aux monuments de leur passé, cf. une note de A. AMBROSI Le Musée corse (dans la Revue des Etudes anciennes, oct.-déc, 1912, p. 401-403 : « vandalisme…, crimes artistiques, sacrilèges historiques. »

T — nonce de l'inspection contribuait-elle pour la plus large part à la mise en ordre des archives et il était impossible d'obtenir aucun renseignement des localités, même voisines, non comprises dans l'itinéraire (1887-1888). Au surplus, toutes ces conditions se sont aujourd’hui améliorées et, sous la haute direction de l’archiviste actuel, M. Paul Graziani, dont l’activité érudite et dévouée a tant fait pour la Corse, on voit désormais se poursuivre dans les plus petites communes un indispensable travail de classement.

On peut répartir en deux groupes les fonds d'archives communales.

1° Les actes de l’état civil. Il existe des registres de baptêmes, mariages et sépultures à Aullène (1770-1775 et 1775-1788), Balogna (1680-1780 et 1780-1810), Bastelica, Bonifacio (quelques lacunes), Borgo (un registre de 1764 à 1774), Calvi (série ininterrompue depuis 1579), Cargiaca, Cauro (1769-1796), Cervione (suite ininterrompue depuis 1724), Corrano (jusqu’en 1778), Corte, Gatti di Vivario (1773, 1775, 1777, 1778 et 1782), Ghisoni (1771-1773 el 1775-1788), Loreto di Casinca (1740-1771 et 1771-1796), Moca-Croce (deux registres de 1776 et 1786), Monticello (registres remontant au 15 février 1773), Nessa (au 17 janvier 1773), Ocana (1770, 1773-1775, 1779), Olmeto, Piana (1770- 1790). Poggio di Nazza (1774, 1775, 1778, 1781), Poggio di Venaco (3 registres, 1724-1771, mentionnant séparément baptêmes, mariages, sépultures, plus 1 cahier paroissial, 1771-1772), Porto-Vecchio (1772-1789), Renno (2 registres de l'église prévôtale de Santa-Celestina, 1770-1780 et 1780-1789), Sant’Andrea di Tallano (36 petits cahiers de 6 feuillets cotés par le juge royal de Sartène et renfermant les actes de l’état civil de Sanl’Andrea et Altagène, formant autrefois une seule commune), Sartène, Serra de Scopamène (suite ininterrompue de 1771 à 1789), Tasso (cahiers paroïissiaux de Sampolo, 1772, 1773, 1776, 1780, 1782), Tolla, Vallecale (registres datant de l'annexion de l’île), Venaco (1773-1774), Venzolasca (suite ininterrompue de-

Br 7e ie puis 1771), Vescovato (1593-1775, 1771-1774, 1785-1796), - Vico (1770-1789), Zicavo, etc.

2° Les registres de délibérations de l’assemblée municipale sont moins nombreux. Ils s’y ajoute quelquefois, comme à Cargiaca, Corte, Renno,' Sartène, etc., des recueils de jugements rendus par les podestats, ou, comme à Bonifacio, des registres d’impositions pour le logement des gens de guerre (douze, de 1769 à 1786), de sentences publiques (six, de 1771 à 1784), de police municipale (trois, de 1778 à 1784), etc. Signalons quelques papiers de nature diverse et d'intérêt inégal : à Cargiaca, les rapports des gardiens et des particuliers à l’égard des mésus champêtres ; à Loreto di Casinca, un dossier relatif à la délimitation des territoires entre Loreto et Silvareccio ; à Vico, un registre des dîimes depuis 1768, etc.

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