III, — ORALES
Dans un pays comme celui-ci, où l’on vit vieux et où les traditions se transmettent dans les veillées familiales autour du fugone, il y a le plus grand compte à tenir des sources orales 2), Tel montagnard du Niolo se souvient
(1) E. et J, FRANCESGHINI (1920), cf. plus bas, p. 142 , ont reproduit, d'après cette collection, le portrait de l'abbé Peretti della Rocca, député du clergé de Corse (p. 568).
(2) Cf. Mgr DE LA Foara, Recherches et Notes diverses sur l'histoire de l'Eglise en Corse, 1895, p. 223), à propos d’un fait attesté par un vieillard de Saint-Pierre de Venaco, dont l’aïeul, Michel-Ange Bernardini, était mort en 1812 à l’âge de 97 ans,
très exactement des récits faits par son père et qui remontent au temps de la domination française : la résistance à tel arrêt, la popularité ou l’impopularité de tel général ou de tel agent du Terrier. Il ne faut évidemment interpréter de pareilles données qu'avec une prudence extrême, mais on aurait tort de les négliger. Elles nous ont paru d’un intérêt particulièrement décisif quand elles provenaient des régions intérieures, d’accès difficile, où les idées évoluent plus lentement, et c’est ainsi que nous avons pu faire état des renseignements recueillis dans ses courses à travers la piève d’Asco, rude et splendide, par M. le curé doyen Trojani, ancien membre du Conseil Général de la Corse.