CHAPITRE QUATORZIEME
vite vitale du système circulatoire et en rétablissant l’état physiologique de l’économie ; c’est en quelque sorte une réaction générale et locale que les eaux provoquent contre la maladie.
» Un état morbide hyposthénique général ou partiel , les hypertrophies organiques , les hydroémies naissant à la suite de fièvres paludéennes, l’hépatite, la splénite sous la dépendance de la même cause , sont combattues avantageusement par le même moyen curatif.
» Pendant la saison dernière il s’est présenté à Guagno des cas nombreux de cette espèce de maladie , ce qui aurait pu fournir des observations très-intéressantes.
» Des militaires qui se rendent aux eaux de Guagno offrent des lésions traumatiques, des plaies suppurantes, des caries osseuses, des rétractions dans les parties molles avec perte de substance, des ankylosés partielles (ou incomplètes), des trajets lisluleux dans les parties profondes traversées par des balles, se trouvent, après deux ou trois mois de bains, en voie de guérison.
» Certains soldats et officiers venus de Crimée , mutilés et ne pouvant marcher sans le secours des béquilles, ont quitté l’établissement pleins d’espoir d’y retrouver une guérison radicale à la saison prochaine ; déjà ils marchent librement, et ont vu leurs plaies cicatrisées.
» Les eaux de Guagno, dit également M. C. James, sont très-utiles contre certaines affections cutanées, et en particulier l’eczéma et ses différentes formes. Les rhumatismes simples ou compliqués d’engorgements articulaires, les névralgies sciatiques s’en trouvent
très-bien. Il en est de même des accidents consecutifs aux blessures par armes à feu , tels que fausses ankylosés , cicatrices vicieuses et adhérentes , paralysies partielles, rétractions tendineuses, anciennes fractures, trajets fistuleux avec carnosité entretenus le plus souvent par des caries ou des névroges. Sous ce rapport, ces eaux ont de l’analogie avec celles de Baréges. Elles agissent comme elles en provoquant vers les parties malades une stimulation artificielle et intime, qui a pour effet de ramener la vitalité des tissus à des conditions meilleures, et, comme elles aussi, elles comptent de fort belles cures. »
Voici quelques observations recueillies aux buius de Guagno par M. Abeille, médecin en chef de l’hôpital militaire du Roule , à Paris :