‹ La Corse et son avenirChapitre 69 sur 256 · CHAPITRE CIiVQUIKME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIiVQUIKME

Gloire el honneur donc à ces infatigables citoyens qui creusent leur tête et méditent dans le silence de leur cabinet sur les combinaisons les plus heureuses, sur les procédés les plus utiles pour augmenter et perfectionner à la fois , au grand avantage de la richesse publique, la production de la terre, qui seule facilite la vie, la rend plus aisée et moins lourde, plus paisible et moins tracassée 1 !

Gloire, aussi, au gouvernement impérial, qui, pardes encouragements bien distribués, pardes secours salutaires bien répartis, par des exhibitions gigantesques qui font l’admiration de tout le monde civilisé, entraîne les agriculteurs de toutes les classes dans la voie des perfectionnements en matière d’études agricoles, et les force, pour ainsi dire, en stimulant leur émulation, à mettre en pratique toutes les heureuses conceptions de l’intelligence, qui tendent, de nos jours, à substituer la lumière à l’ignorance, l’utile à tout ce qui est funeste, les procédés rationnels de culture à la vieille routine !

Gloire enfin à ceux qui s’attachent avec goût à la science des phénomènes du règne végétal et animal, et qui, écoulant les conseils des esprits éclairés d’où jaillissent sans cesse des étincelles de vérité, pratiquent les règles qu’on leur enseigne , el se rendent estimables, par les services éclatants qu’ils rendent à l’universalité, tout en développant leur bien-être et leur aisance !

\ous aurions voulu pouvoir être assez heureux pour dire aussi : Honneur aux Corses qui défrichent selon

1 ■ Celui, dit Voltaire, qui fuit croître deux brios d'herbe où il n'en croissait qu'un rend service à l'Etat. >

les nouveaux procédés une grande étendue de terrain ! honneur à ceux qui amendent convenablement la terre en vue de s’assurer des récoltes de plus en plus abondantes, et qui se servent des outils perfectionnés pour mieux l’ouvrir, pour mieux recueillir ses fruits, sans être assujettis à des labeurs pénibles ! honneur à ceux qui engraissent le sol quand il est maigre , afin d’activer et de doubler la production ! honneur enfin aux Corses qui, comprenant la portée de l’agriculture, se vouent à son amélioration largement comprise I Malheureusement ce soin ne nous est pas dû ; tout au contraire, nous devons avouer que presque partout la routine cl les habitudes séculaires font encore perdre la moitié des produits du sol , et que les agriculteurs , en éloignant de la culture les racines et les fourrages artificiels, rendent impossible la multiplication des bestiaux, et, par conséquent, celle des engrais, si nécessaire, si indispensable à toute bonne culture. Cependant il est de notoriété publique que le jour où l’on défrichera selon toutes les règles de l’art, c’est-à-dire qu’on perdra l’habitude de brûler le bois sur place, car le feu consume le détritus des feuilles des arbustes ; que le jour où l’on exécutera des travaux, peu coûteux du reste, sur les terrains en pentes roides afin de préserver, par de petits murs de soutènement ou par des lisières en bois, les blés en herbe qui sont quelquefois emportés par les courants d’eau de l’hiver ; que le jour où l’on pratiquera l’assolement , qu’on abandonnera l’araire romaine pour la remplacer par la charrue Dombasle , qu’on prendra des précautions pour mettre à l’abri des intempéries les récoltes des céréales , qu’on préparera

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