CHAPITRE CIVQIHÈME
On en creusera ensuite d’autres aussi profonds, mais % d’un tiers moins larges, qui viendront aboutir obliquement de chaque côté sur celui du milieu.
Les fossés latéraux doivent être écartés de 10 à 15 mètres. On remplit alors le fond de tous ces fossés avec des pierres champêtres de grosseur moyenne, sur une hauteur d’environ iO centimètres ; on recouvre de 20 centimètres de cailloux ; il faut placer ensuite sur ces cailloux quelques gazons retournés, et l’on recouvre de terre. Le grand fossé du milieu va aboutir à un réservoir, et il convient d’en creuser plusieurs semblables si la pièce est un peu grande.
Cette manière de faire des tranchées couvertes ne revient guère qu’à 150 francs par hectare, et procure pendant une cinquantaine d’années les mêmes effets que le drainage. Elle doit surtout être employée pour le dessèchement des parties marécageuses, des prairies où le jonc domine , des champs où l’on voit croître des plantes de marais , et dont le sous-sol est formé par un banc d’argile. Du reste, chacun peut modifier à son gré , et suivant le besoin , le nombre et la profondeur des fossés d’assainissement.
Mais si la science agricole moderne nous rend maîtres des pluies excessives contre lesquelles nous ne savions comment nous prémunir, elle nous montre, d’un autre côté, des pays où on irrigue toutes les cultures, et où par conséquent ou n’a rien à redouter des sécheresses qui font souvent la désolation des agriculteurs. Cette question des irrigations, traitée conjointement et dans ses rapports avec le drainage, nous semble grosse d’aperçus utiles pour l’avenir de la Corse ; nous nous faisons un devoir de le constater, et nous en pos-
sédons aujourd’hui les moyens. Si nous pouvons nous abriter contre les saisons pluvieuses par le drainage, en même temps que neutraliser les effets de la saison sèche par l’irrigation , nous aurons donné à l’agriculture une certitudo de résultats à laquelle elle n’est guère accoutumée.
Voilà ce que nous avions à dire relativement à la question du drainage et de l’assainissement. Nous faisons des vœux, en terminant ce chapitre, pour la prompte application des systèmes que nous venons de développer, car nous sommes persuadé que tout le pays en retirera d’immenses avantages.
Voici du reste les détails des dépenses à faire pour assainir les marais de la Corse, d’après M. Grandchaud, déjà cité :
Marais de la côte orientale.
fr.
ceat.
Dessèchement des marais de Bigulia
Dessèchement des marais de San-Pellegrino.
Marais de la plaine orientale.
fr.
cent.
Péri
Migliacciaro
Aleria
Bravono
Vertignono
D’AIesani
Padulclla
Sommes & valoir pour dépenses imprévues. .
Marais du cap Corse.
fr. <
cent.
Pietracorbara
Macinaggio
Marais de Porto-Vecchio