‹ La coulure du raisin: ses causes et effets, moyens de l'empêcherChapitre 15 sur 17 · ESSAIS DE GUÉRISON · texte numérisé non relu

ESSAIS DE GUÉRISON

Dans un pareil état de doute, il a fallu, au moins pour le côté prév^itif, avoir recours à plusieurs complications; heureusement qu'aucune n'est fort coûteuse et que chacune d'elles a l'avantage soit d'aider à la végétation, soit pousser à la production, enfin contribuer à détruire la pyrale, la noctuelle et autres parasites animaux de la vigne.

Sans la perspective du phylloxéra, à la veille d'envahir nos vignobles, malgré que la nature trèssableuse du sol, donne un grand espoir de longévité, j'aurais greffé en Petit-Bouschet les 10,000 souches ordinairement atteintes, mais j'ai reculé devant cette médication, qui, pour n'être pas aussi radicale qu'un déracinement, est assez aléatoire et fort coûteuse, comme attente surtout.

Un drainage aurait bien assaini la partie plane, formant un léger creux, principalement atteinte, mais vu la configuration du terrain, j'aurais eu trop de difficultés à vaincre pour l'écoulement des collecteurs,

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cette pierre d'achoppement à laquelle ne prennent pas assez garde lès agriculteurs de nos contrées qui se livrent à ces travaux, si profitables d'a^leurs.

J'ai alors songé à faire des drainages à ciel ouvert suivant la direction de nos vents dominants N.-O. S.-E. Ces drainages momentanés ou vallonements,ont servi de deuxième façon de labour ; ils ont été faits en mai avant le commencement de la floraison, avec une charrue déchausse ase ramenant laterreenbillons au milieu de' la planche. La légère bande de terrain restant d'une souche à l'autre, étant ensuite enlevée avec la pioche et rebattue moitié à droite, moitié à gauche; j'ai fait exécuter ce complément de travail en faisant marcher les ouvriers à reculons, économisant ainsi de nombreuses journées, quelque anormal que paraisse ce mode.

Pour n'avoir plus à reparler du labour^ j'ajouterai dès à présent, que la troisième façon ne doit être faite que lorsque tout danger de charbon a disparu, qu'elle doit être donnée dans la même direction que lors de la raie précédente, en tournant seulement la charrue dans le sens du rechaussage. Les pieds sont ainsi à l'abri des funestes conséquences des torrides chaleurs du mois de juillet, époque à laquelle on peut en outre, si la végétation le permet, exécuter un croisement avec une bineuse ou bien avec l'araire monté en raclette,

Chaque rangée de souches se trouvant alors dans un fossé bien débouché aux deux extrémités, les eaux pluviales s'écoulent promptement, de plus il s'établit un courant d'air ayant assez de force, sinon pour

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chasser complètement Thumidité déposée par les brouillards et rosées, tout au moins pour en neutraliser grandement les pernicieux effets.

J'ai répété les soi;ifrages ordinairement faits en vue de Toïdium et les ai alternés en répandant, de la ^ même façon que le soirfre, de la chaux fusée en poudre.

Je trouve très-judicieux cet emploi de chaux pour détruire les germes de la maladie, mode suivi - depuis quelque temps déjà dans nos contrées.

J'ai complété ces deux opérations, en jetant abondamment soufre et chaux de manière à ce qu'une partie fût répandue à terre.

J*ai ensuite semé à la volée du sulfate de fer pulvérisé (vitriol vert), pour compléter avec le soufre et la chaux, soit la destruction des germes qui pourraient se trouver sur le sol, soit l'assainissement de l'atmosphère imprégnée de ces vapeurs délétères, sûrement causes du mal au moins pour partie.

Le temps calme et humide continuant, ces diverses opérations ont- été renouvelées à plusieurs reprises.

Un autre travail dont je n'ai encore parlé» et qui a été cependant fait le premier dans le courant de rhiver,.a été le badigeonnage des souches avec une dissolution de sulfate de fer (i).

De la sorte et pour le cas où les spores trouveraient leur remisage d'hiver sous Técorce, elles ne peuvent

(1) Cette simple préparation est tout aussi efficace et (200 pour cent plus économique que tous les liquides yerts ou de toute autre couleur, chaudement recommandés, et pour cauise, par certains chimistes, célèbres, si les termes de leurs prospectus sont véridiques, mais à coup sur fort habiles: on ne saurait, en ettet, leur dénier tout talent, puisqu'ils réussissent à se faire

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