‹ La coupe (volume 2)Chapitre 26 sur 91 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ANGELO, LUPO

LUPO, qui a xu sortir Délia.

Qui vous a permis d'entrer chez moi sans vous faire annoncer et de parler à ma maîtresse?

ANGELO

Prenez garde à qui vous parlez vous-même.

LUPO, surpris.

L'ermite du Vésuve devenu cavalier !

ANGELO

Le même qui vous a secouru tout à l'heure à l'entrée de la plaine.

LUPO

Gomment ! l'homme masqué qui m'a aidé à regagner ma demeure?

GELO.

Et à disperser les archers...

LUPO

Silence, ami ! je vous dois l'hospitalité; mais gardez-moi le secret dans cette maison, parlons bas. Étiez- vous un faux ermite?

ANGELO

J'étais pieux et fervent. Désormais j'appartiens à l'enfer que vous servez.

LUPO

Est-ce une manière de dire que vous voulez faire fortune et servir sous mes ordres?

ANGELO

Je veux être obéi comme vous. Associez-moi à votre autorité.

LUPO

Vous demandez l'impossible. Mes sauvages compagnons refuseraient tout autre commandement que le mien.

ANOELO.

C'est-à-dire que vous refusez le secours d'un homme intelligent : vous ne voulez conduire que des brutes !

LUPO

Nous faisons un métier de brutes. Si vous êtes mtelligent, cherchez un meilleur chemin.

Vous vous méfiez de mon courage!

LUPO

Non, je doute de votre persévérance. Et puis, tenez, ne vous abusez pas: le métier est perdu. Nous avons trop de concurrence, les paysans ne nous aident plus, les soldats ont l'éveil. Dans votre intérêt, je vous engage même à ne pas rester ici en vue : je suis menacé à chaque instant. Je vais donner des ordres pour qu'on vous conduise dans une chambre où vous serez servi, (ii sort.

Délia, qui le guettait, rentre.)

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