SCÈNE XVI
Les Mêmes, LIVERAM.
LUPO
Mon pèl'U debout ! (U se jette dans ses bras.)
ANGELO, qui se tient caché derrière un meuble, à paît
Le paralytique !
LUPO LIVERAM J83
LIVERANI, à son fils.
Tu vois! Dieu a voulu que les bourreaux fussent mes chirurgiens. La souffrance a brisé les liens qui me retenaient inerte. J'ai pu me lever pour protester de ton innocence. Ce prodige les a épouvantés et mis en fuite. Ils n'ont pas entendu tes cris, mais j'ai entendu, moi, et j'ai eu la force de venir te dire : Tais-toi, mon fds, tais-toi!
LUPO
Me taire ! quand ils vont revenir peut-être!
Je pars pour Naples. J'irai me mettre sous la pro • tection des lois, qui ont été méconnues par ces sbires et par je ne sais quel faux inquisiteur que je démasquerai. Pour toi, fuis, fuis à l'instant même, car on te cherche encore.
LUPO
Fuir? vous quitter?
Tu ne peux qu'aggraver mon péril.
LUPO
Mon père, vous me jugez coupa I >i< ■ .'
LIYERANI.
Coupable ou non, sauve ta vie, si tu veux prolonger la mienne.
LUPO
Vous ne me maudissez pas?...
Maudire mon fils! est-ce possible? Allons, pars, je le veux. Obéis-moi, j'ordonne.
LUPO
Oh ! mon pauvre père, je baise vos genoux sanglants... pour moi, mon Dieu, pour moi!
Embrasse-moi !
LUPO
Je n'en suis pas digne.
Peut-être, mais je t'aime! va ! (Luposort par la trappo.