‹ La coupeChapitre 64 sur 82 · Q OINT A N A · texte numérisé non relu

Q OINT A N A

J'y allais, maître; mais une racine m'a fait tomber, et je boite.

ANGELO

Va tOUJOUrs! IQuintana s'éloigne; à Délia.) AlloilS, CllCOre

un peu de courage! nous sommes près du gîte.

l'is LUPO I.IVERAXl

Quel gîte peux-tu m'offrir dans cet endroit sauvage? Tu me trompes ; au lieu de me ramener à Naples, tu m'égares et m'éloignes de plus en plus.

ANGELO

Tu m'as promis...

DELIA.

J'ai payé ma dette : j'ai subi tes baisers, dont la violence m'effraie.

ANGELO

Tu as promis d'être à moi seul.

DELIA.

Ne suis-je pas à toi seul depuis trois jours que nous errons ensemble, comme des chiens perdus dans la montagne et dans la forêt, avec des brigands pour escorte et des antres pour palais? Si tu m'aimes, viens partager à Naples mon luxe et mes plaisirs. Je n'ai pas promis d'être la compagne d'un bandit.

ANGELO

Lupo était-il autre chose qu'un bandit?

LU PO LIVERAM 199

DELIA.

Il ne m'emmenait pas dans ses courses. Il ne m'obligeait pas à gagner péniblement avec lui l'argent qu'il me donnait. J'ai juré d'être ta maitresse, c'est bien assez, sans devenir ton esclave.

Tu me hais?

DELIA.

Je te haïrai si tu me contraries davantage.

ANGELO

Prends patience, demain j'aurai une litière et des serviteurs pour te reconduire à la ville. Viens seulement jusqu'à l'ermitage de la madone du Cèdre.

DELIA.

C'est un lieu saint. Ne crains-tu pas de le souiller par de profanes amours ?

AXGELO.

Je ne crains ni le Ciel ni les hommes. Je ne crois plus à rien.

DELIA.

C'est pour cela que tu me fais peur !

ANGELO

Si je te fais peur, tu ne songes qu'à m'échapper; mais c'est en vain. Lève-toi et marchons.

DELIA.

Non j'aime mieux mourir là.

A N G E L 0, menaçant.

Mourir là? Prends garde de dire la vérité! m veut

l'entraîner, elle résiste.)

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