‹ La coupeChapitre 72 sur 82 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LUPO, ROLAND, L I V E R A N 1, qu'Angelo tient renversé. ROLAND.

Sus! sus! il a monté jusqu'ici.

LUPO

La peur donne donc des ailes à la vieillesse! Où est-il?

ANGELO

Là, renversé, vois, mon manteau étouffe ses cris; frappe-le!

LUPO

Oui, *a vie m'appartient.

LUPO l.IVKKA.M 2VS

\Ni.F. i.o, maintenant le manteau sur la figure de Liverani.

Tu hésites, allons donc!

Attends ; il ne résiste pas ! Tuer l'ennemi à terre!... Messire Galvan, reprenez vos esprits... écoutez... il me faut de l'or, beaucoup d'or pour sauver mon père,... mon père qui est en prison... Répondez! Êtes-vous sourd? Rachetez-vous ! Jurez de rendre la liberté à mon père , de la lui rendre à tout prix, et je vous fais grâce !

ROLAND

Il ne veut pas, il aime mieux son or que sa vie.

LUPO, frappant Liverani de sa dague.

Meurs donc, chien d'avare, puisque ton sang eçl la rançon de mon père!

ROLAND

Bien ! Bon voyage, messire Galvan !(Angeio se relève.)

LIVERANI, se débattant, écarte le manteau.

Galvan! c'est lui qui m'avait délivré... Hélas! mon fils!... mon fils! ô mon fils!...

LUPO

Mon père ! . . .

214 LUPO LIVERÀNI

ANGELO

Il expire.

ROLAND

Mon maître!...

LUPO

Vengeance divine, écrase-moi !;(« tombe sur ie corps

de son père.)

ANGELO

Cette fois il est perdu, j'espère ! 0 Satan, prendsle! sois plus fort que Dieu même.

SATAN, ailé et flamboyant, sortant de terre entre lui et Lupo.

Suivez-moi tous deux dans la vie et dans la mort, toi qui as accompli le parricide, et toi qui l'as fait commettre ; vous m'appartenez sans rémission. De tels forfaits sont le triomphe de l'enfer et la limite de la protection d'en haut.

LIVERANI, se ranimant.

Tu mens, ennemi de DieuL La pitié céleste est sans bornes, et les larmes du cœur lavent les plus grands crimes. Ne désespère pas, mon fils; tu peux te racheter par la douleur, fléchir Dieu par l'amour, le glorifier par la confiance...

LUPO

Mon père! mon père bien-aimé! j'ai mérité les éternels supplices , ils ne sont rien pour moi au prix de ce que je souffre en vous voyant mourir de ma main. Dieu bon, Dieu juste, que je n'ai jamais su prier, fais qu'au séjour des justes mon père oublie que je suis né! Fais qu'il soit heureux, et je ne te reprocherai pas mon châtiment. Et toi, Satan, que j'ai servi sans m'en rendre compte, fais de moi ce que tu voudras. Je te délie de me faire autant de mal que m'en fait ce cœur d'airain en se brisant dans ma poitrine.

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