LES AUTRES
\ En arrière (bis) ! allons , reculons, ET^sEMBLE. \ Il le faut (bis), mais nous reviendrons ;
f Ce Germeuil (6z5), pour nous quel espoir ! Nous pourrons donc le voir.
LUCEVAL, qui est rentré avec un avocat qui sort aussitôt. Est-il heureux ce Sainville !.... il va plaider sa première cause... Que n'en suis-je la!... six mois encore a attendre !.., six mois l... Quand on n'a pas encoi'e d'ëtat , et qu'on est amoureux i
Mad. bombé, mise très-élégamment; LOCEVAL. MAD. BOMBÉ, entrant très-vivement.
Ah ! mon Dieu ! mon Dieu! il sera trop tard! (^A Luceval.) Monsieur, la salle où se tient le Cour d'Assises ?
LUCEVAL
C'est ici , madame,
MAD. BOMBÉ
On n'a pas encore appelé la cause de M. Germeuil ?
LUCEVAL
Non , madame.
MAD. BOMBÉ
Dieu soit loue' ! j'arriverai à temps.
LUCEVAL
Je n'entends parler que de cette affaire-là. Il paraît que toutes les jolies femmes s'y inle'ressent !
MAD, BOMBÉ , s' inclinant.
Monsieur est Lien hon! Moi, j'ai des motifs particuliers! D'ahord, mon mari est juré... mon mari juré , cela me paraît si amusant... et je ne serai pas fâchée de le voir siéger ! Savezvous s'il aura une robe ?
LUCEVAL
Non, madame.
MAD. BOMBÉ
Tant pis! je m'en faisais une fête ! Parlera-t-il ?
LUCEVAL
Non, madame.
MAD. BOMBÉ
Tant mieux ! Il aura bien plus de succès! Vous saurez que c'est la première fois de sa vie qu'il est juré.
LUCEVAL
C'est hier cependant que la session s'est ouverte.
MAD. BOMBÉ
Oui, monsieur... mais mon mari n'a pas pu... une affaire importante.
LUCEVAL
Prenez garde... il y a une forte amende.
MAD. BOMBÉ
Quand on est indisposé... et nous avons le certificat du médecin... nn jeune homme charmant, qui déjeunait avec nous au Rocher de Cancale, Je vous demande si, en sortant de là, mon mari pouvait venir.
Em^i
El je iTawâi fK le 4Mlev.
t ^j ' . J-^r«^^i.|— ^^-«— ^ -"-r-nff II fildh^i/)
Ek! M» Diem! qaelk AmIc!
Ik avcBt peHt:-âve toss-^ae votre m^ri est jorë ?
Eb wtïïité OB deiijîl lâca illu la places à dix finuws par tâe.. il mV anait peu taat de moade.
■A». CMKX, fateaf immJMmë à tmqmeme et çmireutemd.
OB-£k! n Be ptful, petite Hère , que vwts avec piss dTar- «eat ose ^aprit !
MA». MBB, ^éimymmmt JTeUe et m rmpftmlmmidg ïïmtmi. EleaflUBec*ert cocipasé ! Coaunent raisje £iîre pour eotref?
Ali! TVMsétaSfliâée dans cette aibife.
la&ecteBWBtd par le Ittcndle plus sn^ier. Hoas arcxis à Epwaj wmt eaaÊfagmt ckarMaBte ^ ^ pranîère maîsoa i êniie , qû appui ticat â noa mari , IL Booibé, iiynifar-
MJCCETAL.
Je voiscela d^cL
IkmsTzwimtmiomée XéUAanûtr à «aedane qui l'a quittée il rit la €a da tenae... Boas avoas alon été noos y établir, et le pfcaûer jaar de imom armée , aa mîlîea de la aait , j'eaAeadsoarrirla jfinidrede mon appartement qai<' iar le jatdîa ! V<nm jmgez de aui frayeur.
^aieriangiar.
£a ^icramBit à la loear de ma baipe d^allntre et à deox pasde aMB liL^ aae %are^.
Béfert&ire iHûwt&Uqwe.
LUCEVAl.
Horrible...
MAD. BOMBÉ
Non , assez agre'able ! Un air comme il faut» autant que la frayeur m'a permis de regarder... Je m'ëlance dans la chambre à côte'... je crie : Au voleur! on l'arrête, et aussitôt après , j'ai eu une attaque de nerfs épouvantable... Vous sentez que le trouble, l'e'motion... et puis la nuit» dans une situation semblable...
LIJCEVAL.
3'entends... .
... Dans le simple appareil D'une beauté qu'on vient d'arracher...
Il y a de quoi gagner un rhume affreux.
MAD. BOMBÉ
N'est-ce pas? Mais le difficile est d'expliquer cela aux juges 1 Je ne sais comment m'y prendre pour faire ma déposition...
LUCEVAL
Pas autrement que vous venez de le faire avec moi... La vérité tout entière , et sans ornement... ce sera charmant.
MAD. BOMBÉ
Vous trouvez?... Mais il doit être si difficile de parler en public, surtout quand tout le monde vous regarde... c'est là un inconvénient...
LUCEVAL
Auquel vous devez être habituée.
MAD. BOMBÉ
Pas ici, du moins.
LUCEVAL
** Dureste, rien de plus simple... On vous fera lever la main.
MAD. BOMBÉ
Et pourquoi?
LUCEVAL
Pour prêter serment.
MAD. BOMBÉ
Gomment! pour prêter serment.
LUCEVAL
Est-ce qu'un serment vous effraie ?
MAD. BOMBÉ
Mais... oui... devant la justice !... sans cela... Est-il vrai, monsieur, qu'il faut dire son âge?
LUCEVAL
Oui , madame... c'est de rigueur.
MAD. BOMBÉ
Voilà qui est terrible!... non pas maintenant; mais plus tard cela sert de date... Il y a des gens qui ont une mémoire...
Air : Des frùrcs de lait.
Le jour heureux qui nous donna naissance ^
Kien (pie pour nous duil ôlre conslulé ; La Cour d'assises. a.
( lo)
On peut !«' «lire au sortir «le l'onfance , On s'en Kf)Mvicnt cncor dans son élé , I'"l l'on en parle en petit comité.
Mais qn.inil nous louclions à l'automne , I\«'pou.vs;int le cah-ndricr, Cesl un sfcr«:t qu'on no «lit à pcrs«)nne , ( A part. ) Et «pu; soi-ni^'me on vomirait ouMif^r. Aussi me voilà euchantde de ne pouvoir entrer.
LUCEVAL
Du tout, madame... il y a pour les témoins une autre porte... et si vous voulez me permettre de vous offrir mon bras...
M AD. BOMBÉ
Quoi ! monsieur , vous seriez assez Lon.
LLCEVAL.
Je dois vous faire les honneurs... je suis chez moi... avocat stjigiaire...
MAD. BOMBÉ
Stagiaire... c'est quelque grande dignité'... pre'sident ou substitut...
LUCEVAL, riaiit.
Pas précisément.
MAD. BOMBÉ
C'est égal , cela ne vous empêche pas d'être fort aimable ; et je suis bien heureuse de vous avoir rencontre... ( Mad. Bombé prend le bras de Luceval; ils se disposent à xortir au moment où M. Bombé entre par le fond ^ à gauche.) Ah! mon Dieu '....c'est mon mari... M. Bombé!... Ah! mon mari... vous voilà!...
Sucette 3»
LUCEVAL, BOMBÉ, mad. BOMBÉ.
BOMBÉ
Oui, madame... et ce n'est pas sans peine... Mais quel est ce jeune cavalier ?
MAD. BOMBÉ
Vous n'étiez pas là pour me donner le bras... J'ai pris celui de monsieur, qui est un substitut , ou à peu près. LUCEVAL , à Bombé.
Trop heureux, monsieur , d'être le vôtre.
BOMBÉ
C'est ce que je vois.
MAD. BOMBÉ
Vous êtes , sans doute , arrivé depuis long-temps ?
BOMBÉ
Eh! non vraiment... A l'instant même... car tous les malheurs tombent sur moi, depuis que j'ai eu celui d'être jure'.
LUCKVAL.
Un malheur!... vous appelez ainsi des fonctions honorables...
Air: Que n^avons-nous la verve heureuse ( ilu Tribunal Je la reine Bcrthe ).
Gloire h ce tribunal au^justc Qui, placé loin de la faveur ,
N'a qu'un désir , c'est d'être juste , Et ne redoute que l'erreur ; Qui , dans sa noble indépendance , N'a , soit qu'il frappe ou qu'il sauve un mortel , D'autre loi que sa conscience , Et d'autre jujje que le ciel.
BOMBÉ
Je le sais bien; et c'est ce que me dit ma femme, qui tient aux honneurs.., qui tient à paraître... parce que la coquetterie avant tout... Mais moi, je suis un citoyen paisible et prudent, qui me suis enricbi dans les te'lescopes, et j'y vois de loin... Aussi je me dis : J'ai fait ma fortune, que d'autres la fassent... Je n'ai besoin de personne ; personne ne doit avoir Ijesoin de moi... Il y en a qui, quand on crie au voleur, ou au feu, ouvrent leurs fenêtres : moi, je ferme ma porte, et je dis ; Tirez-vous-en comme vous pourrez.
LU CE VAL
Et si le feu qui prend chez le voisin gagne jusqu*à votre maison ?
BOMBÉ
Les pompiers sont là... c'est leur ëtat.
Air : Comme il m'aimait.
Chacun pour soi , ( Hs. ) Cela me semble raisonnable.
Chacun pour soi , ( bis. ) Voilà ma devise et ma loi. Qu'on ail bon vin et bonne table, Bons revenus et femme aimable...
Chacun pour soi , ( bis. ) Chacun pour soi , ( bis. ) Mais j'ai des voisins qui , par malheur , ne partagent pas mon système... Ce sont eux qui m'ont dénonce... ils m'ont fait mettre d'office sur la liste du jury.
MAD. BOMBÉ
Plaignez- vous donc!... cela prouve que vous êtes électeur.
LUCEVAL
Vous êtes un des plus impose's du quartier , et par consëquent un des plus riches.
BOMBÉ
Riche ! riche !... je ne le serai pas long-temps si cela continue... Savez-^ous ce qu'il m'en coûte pour avoir manque' la séance d'hier?... Cinq cents francs!...
LUCEVAL
C'est le prix.
MAD. BOMBÉ
Ahl mon Dieu!... une parure de bal ne coûterait pas davantage.
BOMBÉ
Cinq cents francs!...
LUCEVAL
Et par votre absence , ne risquiez-vous pas de coûter bien davantage aux malheureux sur lesquels vous dtiez appelé à
Archives de la Ville de Bruxelles Archiftf van de Stad Brussel
prononcer?... Qui sait si la Providence ne tous destinait pas à dccouvrir la ve'rite?... k sauver un innocent?... h e'clairer du moins la religion de vos collèjjues?...
BOMnÉ.
Non, monsieur... je ne leur aurais servi h rien... je me connais... en fait de jujjcment, je n'en ai que juste ce qu'il me faut pour mon usa^yc particulier.
Air de Marianne.
Je. vous le dis in louies lettres , Je ne suis [)as liornme de loi ; Je ne m'entends qu'en baromètres , C'est mon élal , c'est mon emploi.
Qu'un avocat, Qu'un mag^isiral , Au tribunal, Dicte l'arrêt fatal !
Ce que je peux Faire pour ceux Qui , pour juger, vont siégper avec eux , C'est de fournir, sans bénéfice, Des besicles.
LUCEVAt.
Bien oblig-é.
BOMBÉ
C'est là le seul moyen que j'ai D'éclairer la justice.
Et si cette conside'ration pouvait m'exempter de l'amende... ou la faire diminuer... aidez-moi de vos conseils.
LUCEVAL
Ecoutez.
Air de la walse de Rohin des Bois.
Dans un instant va s'ouvrir l'audience , ( A Mad. Bombé. )
Four vous guider, daignez prendre mon bras.
BOMBK , bas à sa femme.
De ce monsieur je crains la complaisance, ^ Et j'aime autant que vous n'acceptiez pas.
LUCEVAL
. Dépêchons-nous , car il est une amende Pour les témoins qui se sont absentés.
BOMBÉ , vivement.
Parte/ alors, partez , je le commande; ( Voyant Luceval qui prend le bras de sa femme. ) Il me faut donc payer de tous côtés.
LUCEVAL
Dans un instant va s'ouvrir l'audience , Pour vous guider, daignez prendre mon bras ; Je suis heureux , dans cette circonstance, D'être chargé de diriger vos pas.
(Il sort par le fond avec Mad. Bomba. )
IIAD. BOMBÉ.
Dans un in^-tant va s'ouvrir l'audience, Avec plaisir j'accepte votre bnis ; Je suis heureuse, en celle circonstance , D'avoir quelqu'un pour diriger mes pas.
BOMBÉ
De ce monsieur je crains la complaisance, J'aimerais iiiieu\ qu'elle n'acceptât pas; Mais elle doit aller à l'audience , Il faut quelqu'un i>our diriger ses pas.
( i3 ) BOMBÉ, puis M. COQUELET.
Ce monsieur s'en va avec ma femme... sans me rt^pondre au sujet de mon amende... Qui poiirrai-je consulter, sans que cela me coûte rien?... ( // fouille dans sa poche.) Eh ! mais, où donc ai-je mis ma citation?... {// approche des gendarmes avec lesqtieîs il cause pendant tout le temps que M. Coquelet parle à se$ cliens. )
M. COQUELET , chargé de paperasses et entouré de plusieurs plaideurs , entre par le fond, à gauche.
J'examinerai cela avant de me coucher... et je me coucherai tard... car j'ai justement deux hais ce soir... (A un autre.) Nous sommes en instance, et je dîne aujourd'hui avec le président... nous parlerons de vous au dessert. {A un troisième.) Votre affaire est sûre... Nous l'avons perdue... mais nous gagnerons en appel. Vous pouvez vous en rapporter à moi... je ne me trompe jamais. (Les plaideurs sortent par le fond, M.Coquelet sur le devant de la scène à gauche. ) Ouf! respirons, je ne sais auquel entendre... J'ai donne' chez moi à danser toute la nuit.. .Une soirée charmante... un jeu d'enfer... et j'ai ce matin quatre causes à plaider... Je n'aurai jamais le temps de lire les dossiers... Heureusement, pour la première affaire... j'en ai causé hier avec mon client, en jouant à l'impériale; et cela en donne toujours une idée... BOMBÉ , l'examinant.
N'est-ce pas M. Coquelet?
COQUELET
Qui m'appelle ?
BOMBÉ
Vous ne reconnaissez pas M. Bomhé ?
COQUELET
L'ingénieur opticien.
BOMBÉ
Qui , par ses observations météorologiques , a rendu de si grands services au public parisien.
C'est , ma foi , vrai.
BOMBÉ
Car enfin, ITiiver , au mois de janvier, qui vient-on consulter ?
Ai a ; Dans ma chaumière.
Mon thermomètre : ( his. ) Aussi , chacun en {f relotlant , A ma porte , droit comme un mètre , Aj>[)renil qu'il (ait froid, en voyant Mon ihermoniètro. ( his. ) COQUELET.
C'est une belle invention.
BOMBÉ
Qu'on voulait me disputer... aussi, c'est à ce sujet que vous
avez pl;»i(Mpour moi , il y a dix ans... Vous ne vous rappelé* pns?
COQUELET
C'est, raa foi, vrai... mais dans notre cftat, où nous plaidons souvent le froid et le cliaud... une pareille affaire peut s'oul)lior. . J'étais jeune alors... je commençais... je plaidais à deux cents francs.
BOMBÉ
A quatre cents... s'il vous plaît.
COQUELET, avec satisfaction.
Vraiment?... je ne croyais ])as être dejh si avance... Depuis j'ai pris mon vol... je suis devenu un des aigles du barreau... et je vends un peu plusclier mes paroles.
C'est ce qu'on dit... et je serais faclid de vous en faire perdre, au prix où elles sont.
COQUELET
Laissez donc... je parle quelquefois gratis... avec ma femme, avec mes amis... non que je sois interesse'*, mais , par ma position, je suis oblige d'être cber... sans cela j'aurais trop de monde à défendre... c'est l'inconve'nient d'une grande réputation... du reste , je ne ti(îns pas a l'argent , je le me'prise... mais il faut que j'en gagne, parce que j'en dépense I)eaucoup... Grâce à ce système, j'ai fait un beau mariage... une ,femme cbarmante , de la naissance , de la fortune... ce qui a double mes revenus et ma clientelle. Aussi j'éblouis ceux qui viennent chez moi... on se demande si c'est un pair de France ?... Non; c'est un avocat... et l'on conçoit une baute ide'e d'une e'ioquence qui a une voiture... un hôtel , et des laquais en livre'e.
BOMBÉ
Eh bien! moi, c'est cette eloquence-lh ^qui m'effraie... car j'avais quelque chose à vous demander , et je n'ose plus.
COQUELET
Pourquoi donc ?... est-ce une affaire h plaider ?... me voilà!
BOMBÉ
Non... deux mots de consultation.
COQUELET , tirant sa montre.
J'ai cinq minutes à vous donner.
BOMDÉ.
Je les prends... Je suis du jury... et j'ai une femme jeune et jolie.
C'est , ma foi , vrai ; et j'ai des complimens h vous faire. Je suis aile' une fois dans vos magasins acheter, pour ma terre de Clioisy, une longue-vue de cinq cents francs... que je vous dois encore.
BOMBÉ
C'est bien... on vous enverra la facture.
COQUELET
J'ai vu là, en votre absence, une femme charmante... qui m'a reçu à merveille.
BOMBÉ
Je crois bien.. . elle est si coquette !.. . et je me suis dit hier : Me voilà pour trois semaines à la Cour d'Assises.
Air : Chacun de son côté.
Malin et soir, pen<lant ces trois semaines , Loin de chez moi, je m'en vais être absent.
COQUELET
Eh ! quoi, c'est là ce qui cause vos peines ?
BOMBÉ
Pour un mari c'est fort peu rassurant.
En condamnant les autres , dans mon ame , Je tremblerais, en songeant aussitôt, Que je puis être , hélas! près de ma femme , Condamné par défaut.
COQUELET, riant.
Est-ce que vous êtes jaloux?.
BOMBÉ
Il y a des jours... oii j'ai des ide'es.
Laissez donc...
BOMBÉ
Où je crois voir...
COQUELET
Erreur! vous avez chez vous des verres qui grossissent les objets... Faites comme moi... pendant trois mois ma femme a e'te prendre les eaux de Ne'ris, et voyager pour sa santé',., je ne m'en suis pas inquiète' un moment... parce que j'ai confiance en mon e'toile... Ma foi, mon cher [regardant sa montre), les cinq minutes sont expire'es... (Il fait deuûj pas pour sortir. )
BOMBÉ, le retenant.
Et je n'ai encore rien dit..-, c'est vous qui avez toujours parle'...
COQUELET , revenant.
Pourquoi n'allez-vous pas au fait ? Voyons , vous êtes au nombre des jure's.
BOMBÉ , vivement.
Mieux que cela... je suis dans ce moment au nombre des condamne's.
COQUELET
Il serait possible !
BOMBÉ , de même.
Parce que, à cause de ce que je vous disais tout à l'heure, j'ai manque à la .se'ance d'hier... dans une affaire oii ma femme est te'moin... et si , par votre crddit... vous pouviez m'arrangercela...
Rien de plus facile, Dès que votre femme est tdmoin ,
( i(i ) vous pouviez vous récuser... En allant a la sixième chambre, où j'ai alFaire , nous entrerons dans le cabinet de lavocat-gene'ral, a (jui j'en dirai deux mots.
UOMBÉ.
Quelle reconnaissance!...
COQVELET.
Du tout... à un ami. ..a un ancien client, je ne prends point d'honoraires... Nous nous entendrons toujours bien.
UOMUÉ.
Ah! monsieur!
COQL'ELET.
Il ne sera plus question de la longue-vue que je vous doi^.. et voilà tout...
BOMBÉ
Ahl mon Dieu!... Mais a ce compte... j'aime toutautant..- COQUELET, vivement.
Am de la Tarentello.
Nous réussirons , j'espère, /
Quoiqu'une pareille affaire Soil peu de mon minislère , C'esl pour vous, cela suffit...
Oui , dans celle conjoncture , C'est pour vous seul , je le jure , El c'esl par amiiié pure', Que j'emploirai mon crédit.
BOMBÉ
Autant valait , sans disputes ,
Payer l'amende à rinslant ;
Cinq cents francs pour «. iaq minutes ! ..
COQUELET
Allons , parlons prumplement.
Mon temps ne peut me suffire...
BOMBE
Je conçois , moi qui m'en sers , Au profil qu'il en retire , Que ses instans lui sonl cliers.
BOMBÉ
Pour moi la maudite affaire .' Au diable son ministère!
Et d'une amiiié si chère , Quel est pour moi le profit ?
COQUELET
Nous réussirons , j'espère , Quoiqu'une pareille affaire Soit i>eu de mon minislère -, C'est pour vuus , cela suffit.
( Ils sortent par le fond à gauche. )
GlKOnX, ^im LIICKVAL.
GiBOVX, entrant par le fond, et s'adressant à Bombé et à Coquelet qui sortent- Messieurs, pourriez-vous me dire si on va bientôt commencer les condamnations Hi-dedans ?
BOMBÉ, en s'en allant.
Eh l laissez-moi tranquille...
Répertoire Dramatique.
GIROUX
Us s'en vont sans me re'pondre... Excusez de la politesse... Je croyais que le noir e'tait de la maison , à cause de son uliiforme... Ah! il n'y a qu'une affaire intéressante, celle de M. Germeuil ; et c'est celle-là que je voudrais entendre... Jai déjà ete à la Conciergerie , oii je l'ai vu passer... Un joli jeune homme, ma foi... Lien mis, beau linge, et immensément riche... Il paraît qu'il vole pour son plaisir... ijjCEy Ah y rentrant par le fond.
Voilà ma jolie dame placée au banc des témoins... elle est fort aimable... mais un peu coquette... Ah ! quelle différence., ce n'est pas là... (Voyant Giroux,) Tiens... c'est vous, mon ami ?
GIROUX
Dieux! ce monsieur l'avocat, chez qui j'ai posé des sonnettes, qui me reconnaît.
LUCEVAL
Qu'est-ce que vous venez donc faire ici?
GIROUX
Rien f monsieur... Je veux voir... en passant.
LUCEVAL
Plutôt que de rester chez vous à travailler... Est-ce que vous manqueriez d'ouvrage ?
GIROUX
Bien au contraire... j'en ai trop... Mais je m'en vais vous dire... c' e'tait hier dimanche... et aujourd'hui je me suis senti mal à la têle... Alors , je me suis dit : Il faut prendre l'air, se distraire... c'est pour ça que je suis venu...
LUCEVAL
C'est très-mal de perdre ainsi toute une journée!...
GIROUX
Je rattraperai cela la nuit...
LUCEVAL
Vous qui êtes ëtahli, qui avez sans doute une femme...
GIROUX
Et une fameuse... Mais aujourd'hui c'est comme si je n'en avais pas... elle est à dîner chez une parente , et je profite de son absence pour m'e'chapper... Elle me croit à la boutique... si elle savait que j'ai ddcampe', elle ferait un fier tapage...
LUCEVAL
Et elle aurait raison.
GIROUX
Mais aussi elle n'en saura rien...(y4 part.) Je m'en vais tâcher de me faufiler... (// cherche a se glisser parmi les personnes qui font queue.)
MAD. GIROUX , sans voir son mari.
Ne poussez donc pas comme ça. {Se retournant.) Tiens, c'est toi ?
La Cour d'assises. 3.
GIROUX
Mafeiuioc!
MAD. GIBOUX.
Mon mari !
TOUS
Tiens , c'est sa femme!...
LES FEMMES
Ah ! c'est son mari !...
GiROLX, quittant la queue , et venant avec sa femme sur In devant du théâtre à droite.
V'ih donc comme tu vas chez ta cousine î
MAD. GIROUX
V'ih donc comme tu restes à la maison !
GIROUX
Queuqu t'as besoin au Palais ?
MAD. GIHOUX.
J'venais t'y chercher.
GIBOUX.
Air de M. Guillaume.
Au lieu de coudre ctd'faire un blanchissage !
MAD. CIROOX.
IS 'faudrait-il pas te r'passer un jabot?
Giaoux.
Tu n'as pas d'soin.
MAD. GIROUX
Et toi pas de courag;e.
Au lieu de battr' le fer quand il est chaud...
CIROOX,
J'connais mon d'voir, faut qu'chacun ail son lot. Le mari sort et s'promèn'... c'ost rusao;o ; Mais du lo.°^is la remm* n'doil pas bouger. Voilà comment , quand on fait bon ménage , Tout doit se partager.
Et tu vas retourner chez nous.
MAD. GIROUX
Marche d' abord, et je te suivrai.
LUCEVAL
Eh ! mon Dieu... partez de compagnie... c'est ce que vous avez de mieux à faire.