SCÈNE XV
BALTHAZARD, FLORESTAN.
FLORESTAN
Je l'ai captée... elle est à moi!..
BALTHAZARD.
J'espère que tu vas t' arrêter... et que tu te conduiras dorénavant d'une manière plus convenable... tu vas... tu vas...
FLORESTAN
Dam! c'est vous qui m'avez lancé... et je compte bien pousser l'aventure jusqu'à ses derniers kilomètres... Je plais à la vieille... ses diamants me plaisent, nous nous plaisons... Elle a des idées matrimoniale?^ je les caresse (les idées), elle me provoque, je résiste ; elle m'enlève, je me laisse faire. Nous partons avec l'écrin (ne pas oublier l'écrin), je nage dans le luxe et dans les festins; je remonte ma garde-robe, je me donne quelques bijoux... je m'achète des faux-cols, et quand j'ai mené pendant quelques lunes, et toujours en croissant, cette existence à la Mon té- Christo, lorsque l'écrin est consommé, le Don Juan s'éteint, le philosophe se réveille, et rappelant alors cette Hélène quinquagénaire à ses devoirs trop longtemps méconnus, je la dépose pure, et sans tache, au sein de sa famille éplorée, et toujours modeste, je me soustrais à ses bénédictions. Ainsi, c'est convenu, conclu, entendu, et je demande de rechef et itérativement mes passeports.
BALTHAZARD.
Quoi!., tu oserais... mais c'est une infamie 1
FLORESTAN
Si on ne faisait pas de temps en temps quelque petite infamie... l'existence serait bien monotone...
BALTHAZARD.
Quoi! tu souffrirais que la baronne?..
FLORESTAN
L'homme est né pour souflrir...
BALTHAZARD.
Eh bien! non, tu ne l'enlèveras pas...
FLORESTAN
Quoi! qui m'en empêchera? (Azoline parait au fond.)
BALTHAZARD.
Qui? tiens, Azoline!
Azoline! nom d'une bombe! ne lui dites rien.
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