SCÈNE xvin
vous avez vu dans ce palais n'est qu'une indigne comédie dirigée par Monsieur.
siGiSMOND, à Balthazard.
Eh bien! que répondrez-vous à cela?
FLORESTAN^ bas à Balthazard.
Filons!
BALTHAZARD, faisant signe au prince de se faire. Chut!., laissez-le continuer.
KLAKMANN.
Vous le voyez bien, monseigneur, il n'a rien à dire.
BALTHAZARD.
Bravo! c'est parfait !.. de la chaleur, du naturel... et tenez, prince, convenez que vous y avez été pris un moment.
SIGISMOND
Comment ?
KLAKMANN.
Que dit-il?
Et si la fable n'eût pas été d'une invraisemblance aussi choquante, l'illusion de votre altesse eût été complète.
KLAKMANN.
Ah! ça, mais...
SIGISMOND
Je n'y comprends plus rien du tout.
PÉPINSTER.
Ni, moi... non plus!..
BALTHAZARD.
Mais avec votre perspicacité ordinaire, je gage que vous avez déjà deviné que c'est là un des comédiens que nous attendions.
FLORESTAN
L'amoureux de la troupe...
KLAKMANN.
Quoi!..
BALTHAZARD.
Le nommé Balthazard. Il a voulu donner un échantillon de son talent par ce petit intermède.
KLAKMANN.
Moi?..
SIGISMOND
Lui!
Vous avez l'audace...
BALTHAZARD, à Klakmann, Assez mon ami.. . assez î
FLORESTAN, de même.
Assez jeune homme... assez...
KLAKMANN.
C'est trop fort! je suis le baron Klakmann !
BALTHAZARD.
Chut ! voulez-vous bien ne pas prononcer ce nom? Imprudent!., si le prince vous prenait au mot!
KLAKMANN.
Eh! pourquoi donc craindrais-je de me nom^. mer?
BALTHAZARD.
C'est juste... dans votre état on ignore les in>
trignes de cour... {Au Prince.) Ce Klakmann esf. le ci-devant premier ministre qui a été destitué hier, pour avoir osé faire sur le compte de Votre Altesse le rapport que voici... {Il tire le rapport de son portefeuille.)
SIGISMOND
Donnez...
BALTHAZARD.
Kcrit de sa main et revêtu de sa signature.
SIGISMOND
Donnez... je le veux!..
BALTHAZARD, à Klakmann.
Eh bien ! mon pauvre Balthazard, tu vois qu'il ne fait pas bon se nommer Klakmann !.. PÉPINSTER, lisant avec Sigismond.
Un sot, un avare, un imbécille!
SIGISMOND, saisissant Klakmann.
Quelle abomination !.. Ah ! misérable!..
BALTHAZARD.
Que faites-vous, Monseigneur î
FLORESTAN
Ah! laissez-le... laissez-le... Laissez-le étrangler!..
BALTHAZARD.
Dis-lui donc que tu n'es pas Klakmann.
KLAKMANN, d'une VOIX étranglée.
Non... je ne suis pas Klak... Klak... mann.
SIGISMOND, le lâchant.
Heureusement pour lui!..
BALTHAZARD.
Tu entends... te voilà guéri de jouer les Klakmann, n'est-ce pas?.. Aus.si pourquoi y mettaistu tant de vérité... Voilà ce que c'est que d'avoir du talent... {A Sigismond.) Y onsVàwez rudement secoué!..
FLORESTAN
Pépinster l'a crânement secoué.
SIGISMOND
Oui, oui... Pépinster... votre bourse. (Pépinster donne sa bourse que Sigismond présente à Klakmann.) Tiens.
KLAKMANN.
Quoi !
SIGISMOND
Eh bien ?
BALTHAZARD.
Excusez-le... il est encore tout ému... Prends cette bourse et remercie le prince... Il n'en veut pas... il est désintéressé !..
FLORESTAN
Il est artiste !
BALTHAZARD.
C'est bien... c'est très bien (prenant h bourse), je la donnerai à tes camarades.
FLORESTAN
Nous la distribuerons à ses camarades... (Préfnant la bourse.) C'est distribué.
L\ coup DE BIBERÂCK,
BALTHAZARD. •
Allons, le prince est content de toi salue et sors.
KLAKMANN, Saluant, bas à Balthazard.
Oui, je sors, mais tu me le paieras.. ♦
Ah! c'est comme cela... {Haut.) Quant à ce Klakmann...
SIGISMOND
J'entends qu'il me soit livré...
BALTHAZARD.
On VOUS le livrera, mon prince... et vous tenez à ce qu'il soit...
SIGISMOND
Pendu r
{Klakmann sort.)
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