‹ La cour de biberack: comedie-vaudeville en un acteChapitre 6 sur 31 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

BALTHAZARD.

Votre altesse m'a reconnu?...

FRÉDÉRIC

Eh! sans doute!... assieds-toi donc! { Wilfrid approche un siège et sort.)

BALTHAZARD.

Quoi! Monseigneur, vous voulez... *

FRÉDÉRIC

Ici, comme à Bade, point de façons entre nous.

BALTHAZARD.

Je suis confus.

FRÉDÉRIC

Et maintenant, causons comme deux amis... Que me diras-tu de nouveau ?... Et l'art dramatique, qu'en faisons-nous?..

BALTHAZARD.

Nousbouîottôns, monseigneur, l'art boulotte... Je viens de donner à Strasbourg des représentations qui ont eu le plus grand succès, et j'espère que vous serez content de ma troupe.

FRÉDÉRIC

Comment!., tu es ici avec ta troupe?

Mais sans doute, Monseigneur... ça a l'air de vous étonner... n'était-ce pas convenu avec vous?

FRÉDÉRIC

En effet... oui, oui... je me rappelle...

BALTHAZARD.

J'étais bien Bûr que votre altesse nous attendait... j'ai laissé mes artistes à l'hôtel, ils doivent venir me retrouver ici, dès qu'ils auront dîné... Quand voulez-vous. Monseigneur, que nous commencions nos représentations sur votre grand théâtre?..

FRÉDÉRIC

Mon théâtre?,, je n'en ai pas...

BALTHAZARD,

Gomment?,., mais...

FRÉDÉRIC

Quand je t'ai engagé, j'avais l'intention d'en faire bâtir un... et ce n'est pas la bonne volonté qui m'a manqué...

BALTHAZARD.

Qu'est-ce donc?

FRÉDÉRIC

C'est l'argent...

BALTHAZARD.

Gomment, Monseigneur, vous seriez...

FRÉDÉRIC, se levant, ainsi que Balthazard.

Très gêné, mon ami... une vraie fortune d'artiste... Tu me regardes d'un air consterné... Rassure-toi, il me reste encore dans ma cassette particulière de quoi t'indemniser de tes frais de voyage ,

BALTHAZARD.

Du tout, Monseigneur, du tout... Il ne sera pas dit que je vous quitterai comme cela... et je renonce à la subvention... si vous n'avez pas de

* Frédéric, Balthazard.

théâtre, eh bien! nous nous en passerons... ce ; n'est pas la première fois que j'aurai improvisé l une salle de spectacle .. dans une grange... à plus \ forte raison dans un palais... j'ai tout ce qu'il me , faut... et'ce soir même, si cela vous convient, vous pouvez inviter votre cour,..

FRÉDÉRIC

Autre difficulté, mon cher Balthazard , je n'ai plus de cour.

BALTHAZARD.

Comment ?

FRÉDÉRIC

Depuis que je n'ai plus d'argent... mes courtisans ont fait comme la fortune, ils m'ont abandonné...

BALTHAZARD.

Quelle platitude!..

FRÉDÉRIC

Chambellans, conseillers, ministres, ils m'ont tous tiré leur révérence... c'est une désertion complète...

C'est une économie.

FRÉDÉRIC *

Oh! ils ne me coûtaient pas bien cher... mon ministrp des finances gagnait probablement moins que ton premier ténor.

BALTHAZARD.

Vous aviez un minisire des finances ?

FRÉDÉRIC, riant.

Oui... cela t'étonne?.,. Quant à mon ministre de la guerre...

BALTHAZARD.

Ah! vous avez donc une armée?

FRÉDÉRIC, gaiement.

Quatre homn^.es...

BALTHAZARD.

Et un caporal ?

FRÉDÉRIC

Non, quatre hommes et un ministre de la guerre.

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