COUPLETS
Ah ! cessez de grâce,
D’invoquer ici l'n objet qui passe ’fJJésignanI le bouquet par terre.)
Comme celui-ci ;
Fidèle peinture D’un anuHir qui dure Comme la fraicheur D’une fleur!
Chaque jour on donne A mainte personne.
Sans donner son cœur, l'ne fleur 1
LE CHEVALIER
Elcü baiser que vous m’avez laissé prendre?
LA COMTESSE, jouant l’étonnement.
Quand cela, monsieur?
LE CHEVALIER
Un jour, qu’assise dans le jardin, vos yeux s’étaient fermés et votre livre était tombé sur vos genoux.
LA COMTESSE, de même.
Eh bien ?
LE chevalier.
Je me suis approché tout tremblant, et j’ai déposé sur votre front...
Digilized by Goc^le
LA COMTESSE, vivement.
Je ne m’en suis pas aperçue, je dormais 1 LE CHEVALIER, résolument.
Non, madame, vous faisiez semblant.
LA COMTESSE
Voilà une impertinence !
A laquelle il est difficile de répondre.
LA COMTESSE, soiiriant.
Difficile?
;>EDXIÈHF, COOPLET.
Un baiser sc donne Par pure amitié A toute personne ..
Ou bien par pitié ! mouvement du chevalier.)
Et quand on s’avise ■ D’user de surprise.
Comment refuser tn baiser?
Ah! sur ma parole.
Rien de plus frivole.
Pour en abuser,
. Qu’un baiser.
(Le commandeur parait à gauche.)
LE CHEVALIER, avec une fureur concentrée.
Ainsi, madame, après m’avoir, de propos délibéré, inspiré un violent amour et fait concevoir les plus légitimes espérances, vous venez me dire froidement : J’en épou.^e un autre !
LE COMMANDEUR, à part.
Certainement !
{La baronne parait à droite.)
LA COMTESSE
Je suis libre de disposer de ma main.
LE CHEVALIER, résolument.
Madame la comtesse, vous avez eu un but dans votre conduite vis-à-vis de moi : ou un mariage, ou une galanterie, ou une mystification!... la mystification, je la repousse; le mariage, vous n’en voulez pas... {Avec éclat.) Va donc pour une galanterie I
LE COMMANDEUR, à part.
Eh!
LA COMTESSE, alarmée.
Une galanterie ?
LA BARONNE, à part.
C’est fort clair, cela I
LA COMTESSE
Quoi, monsieur, vous oseriez ? *