tlieiner, Cod. dipl. dom. lemp. t. I, p. 176, n
il laissa au roi de Sicile le gouvernement de Rome. Voyant que, depuis la mort de Conradin, les Guelfes dominaient en Italie et que les Gibelins, partout humiliés ou proscrits, étaient en butte à leur hostilité, il voulut réconcilier des partis qui, à ses yeux, n'avaient plus aucun motif de se combattre. Il envoya un légat dans les cités du centre et du nord de la péninsule, avec mission d'y apaiser les discordes et, au besoin, de punir par les peines spirituelles ceux qui s'opposeraient à la paix. Lui-même manda en sa présence les magistrats des villes rivales de Gênes et de Venise et obtint d'eux la promesse d'oublier leurs querelles pour unir leurs forces dans un effort commun contre les Infidèles'. Il fit plus; il résolut d'aller présider en personne à cette œuvre de pacification. Ayant, par une encyclique du mois d'avril 1273, indiqué la ville de Lyon pour le lieu du concile, comme plus à proximité des princes et des prélats qui devaient y assister^, il se dirigea à petites journées vers la Haute Italie et se rendit d'abord à Florence. Un traité fut imposé par lui aux factions qui divisaient la ville, avec menace d'excommunier quiconque enfreindrait le traité^. Ému d'un sentiment vraiment chrétien, il disait aux Guelfes : a Un gibelin n'a-t-il pas, comme vous, la même foi? N'est-il pas, comme vous, un membre de la cité et n'est-il pas aussi votre prochain? Et tous ces titres doivent-ils être oubliés, par cela seul qu'on s'appelle gibelin?» Il leur disait encore : « Nous reconnaissons que vous avez combattu avec un zèle méritoire les ennemis du saint-siège; mais ceux qui furent nos ennemis, nous les considérons maintenant comme nos fils. Devez-vous vous montrer, plus que nous, attachés à notre cause, et, puisque c'est pour nous que