‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 206 sur 416 · G. Villani, 1. VIII, c. 29. Cf. Raynald. anno 1299, n · texte numérisé non relu

G. Villani, 1. VIII, c. 29. Cf. Raynald. anno 1299, n

procties, étaient allés à Rieti, où se trouvait le pape, se jeter à ses pieds et implorer sa clémence. Boniface les reçut assis sur son trône, la tiare en tête, et entouré des membres du sacré collège et de nombreux prélats*. Il consentit à les relever de l'excommunication, mais refusa de les réintégrer dans leurs dignités. Encore les retint-il prisonniers dans une ville qu'il désigna ^. Il voulut en outre qu'un exemple, propre à frapper les esprits, transmît à la postérité le double souvenir de leur rébellion et de leur défaite. Il enjoignit à l'évêque d'Orvietto de détruire Paleslrine de fond en comble. Les habitants de cette cité, comme coupables de s'être associés à la révolte des Colonna, furent dépossédés de leurs biens et durent aller habiter une nouvelle ville, qui fut appelée par ses ordres la « cité papale.» Les Colonna, craignant pour euxmêmes un retour de sévérité, parvinrent à s'échapper de leur prison et se réfugièrent les uns dans la Haute Italie ou en Sicile, les autres en France. Conformément aux injonctions de Boniface, Palestrine fut détruite, à l'exception de l'église cathédrale qui seule fut épargnée. Par une bulle du 13 juin 1299, il notifia lui-même à la chrétienté cet acte de vengeance. Nous avons décrété, y disait-il, que cette ville rebelle ne serait plus habitée désormais. Nous avons ordonné de la raser jusqu'en ses fondements. Voulant qu'il ne restât d'elle ni le nom, ni l'apparence d'une ville, nous avons fait passer la charrue sur ses ruines et y semer du sel, comme jadis les Romains avaient fait pour Carthage^ »

Cette vengeance impitoyable exercée sur toute une cité, et dont Boniface avouait lui-même avoir emprunté l'idée aux souvenirs de l'antiquité païenne, était la preuve trop manifeste que la papauté, ainsi qu'on le disait déjà au temps de

1. 15 octobre 1298. Gregorovius, Storia diRoma, t. Y, p. 623.

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