‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 266 sur 416 · Parad., chant xxvii · texte numérisé non relu

Parad., chant xxvii

3. Annal. Mediolan. loc. cit. — G. Villani, 1. IX, c 109, 110.

cette raison plus facile à gagner, il promit de le soutenir contre Louis de Bavière et de lui contërer la couronne impériale, s'il secondait de ses armes les Guelfes d'Italie K C'est ainsi que, changeant do politique selon les événements, le saint-siège appelait les empereurs en Italie, sauf à tout faire ensuite pour les en expulser. Séduit par ces promesses, Frédéric assura de son concours le chef de l'Église. De son côté, Jean, alin d'aider au succès do son nouvel allié, à qui il envoya tout d'àbord une somme de cent mille florins'-, enjoignit au cardinal Bertrand du Poyet de prêcher une croisade contre Matthieu Visconti \ Cherchant à frapper le chef gibelin par une autre voie, il résolut do le faire condamner comme hérétique. On ne se borna pas à l'accuser de « mépriser l'autorité des clefs ^ » ce qui, suivant la nouvelle doctrine qui commençait à prévaloir, suffisait à constituer le crime d'hérésie; sur des bruits imaginés ou accrédités par ses ennemis, on l'accusa de nier la résurrection et de commercer avec les démons '\ Los armes de l'étranger, la croisade, l'inquisition, telles étaient les extrémités auxquelles avait recours celte papauté affaiblie pour se faire obéir d'un seigneur de Milan. C'était dans le cours de l'année 1321 que Jean s'était décidé à ces diverses mesures «. Au mois d'avril de l'année suivante, des forces allemandes, que commandait un frère de Frédéric d'Autriche, pénétraient en Lombardie ^ Un mois auparavant, le pontife avait fait publier la sentence que, selon ses intentions, les tribunaux de l'inquisition avaient prononcée contre Mattiiieu Visconti, sentence par laquelle lui et ses (ils, décla-

1. G. Villani, 1. IX, c. 144. Le pape promettait en outre à Frédéric l'archevêcLé de Mayence pour son frère Albert.

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