janvier 1217, Bouquet, Rec. t. XIX, p
nouvelles défecLions dans les rangs dos rebelles. Une défaite que Louis essuya, au mois de mai 1217, sous les murs de Lincoln, acheva de ruiner son parti. Abandonné de la plupart des seigneurs qui l'avaient d'abord secondé, Louis renonea enfin à ses prétentions, signa, le li septeuibre, un traité de paix avec Henri III, et, après avoir été relevé do l'excommunication par le légat, repassa en France. L'autorité de Henri III no fut toutefois reconnue des évoques et des barons du royaume, que lorsque ce prince eut juré le maintien de la Grande Charte que jadis, à la sollicitation du roi Jean, avait cassée Innocent K Si, sur ce point, Ilonorius n'avait pu remplir les vues de son prédécesseur, il avait réussi du moins à retenir l'Angleterre dans la vassalité du saint-siège.
Les affaires de la Terre sainte, qui avaient occupé la fin du pontificat d'Innocent, attirèrent plus particulièrement la sollicitude d'Honorius. La première lettre qu'il écrivit au lendemain de son élection était adressée à Jean de Brienne qui résidait à Saint-Jean d'Acre avec le titre de roi do Jérusalem, lettre dans laquelle il se disait non moins résolu qu'Innocent à consacrer tous ses efforts au recouvrement de la Palestine -. Avant même qu'il eût quitté Pérouse, des circulaires avaient été envoyées aux princes et aux prélats de la chrétienté, afin que, conformément au décret rendu au concile général de Latran, l'armée des croisés se tînt prête à s'embarquer au mois de juin 1217 ^ Mais la mort d'Innocent avait suffi à ralentir les préparatifs commencés pour la croisade, et l'on put constater une fois de plus combien le zèle s'était refroidi au sujet de la Terre sainte. André II, roi de Hongrie, auquel s'était joint Léopold YI, duc d'Autriche, avec le duc
1. « Rex Anglorum ..juravit cum legato et marescallo quod redderent baronibus Anglise et aliis omnibus de regno omnia jura .. cum libertatibus ante petitis, pro quibus discordia fait exorta inter Johannem regeiii et barones. » Rog. de Wendov.
2. Raynald. anno 121G, n" 18. Cette lettre, la première qu'on trouve dans le registre dHonorius, est datée de Pérouse, le 23 juillet 1216.
3. 7 août 1216. Potthast, Reg. pontif. n» 5325. Cf. 5 dcc. 1216, ihid. n" 5380,
de Bavière, fut le seul souverain d'Europe qui, à la date fixée, se dirigea vers Saint-Jean d'Acre \ Frédéric II, roi des Romains et de Sicile, qui le premier parmi les princes avait pris la croix et que tout désignait au commandement de l'expédition, allégua les menées en Allemagne de l'empereur déchu, Otton, pour obtenir d'Honorius de différer l'accomplissement de son vœu '. Le pape attendait du moins un utile secours du nouveau souverain de Constantinople, Pierre de Courtenay, comte d'Auxerre, qui avait été appelé au trône par la mort de Henri de Ilainaut, son beau-frère, otcjui de France était passé par Rome pour se rendre en ses Etats. Mais ce prince, en approchant de Constantinople, tomba aux mains des Grecs qui le retinrent prisonnier ^ Une autre déception était réservée au pontife. Le roi de Hongrie, pour l'heureux succès duquel il avait ordonné des prières dans toutes les églises de la catholicité et conduit lui-même une procession dans Rome ^, ne séjourna que trois mois en Terre sainte, et, après un engagement sans résultat contre les Infidèles, regagna son royaume, ramenant avec lui la plus grande partie de son armée ^
Restés sous la conduite du duc d'Autriche, les croisés eussent sans doute renoncé à poursuivre leur expédition, si, au printemps do 1218, ils n'eussent été rejoints par d'autres croisés du nord de l'Allemagne et de la Frise, qui, venus par l'Océan et la Méditerranée, s'étaient d'abord arrêtés en Portugal pour combattre les Maures •"'. Avant que le roi do Hon-