Gregorovius, Storia di Rojna, t. VI, p. 230 et ss
le précédent pontificat, les gouverneurs de ces provinces s'étaient rendus coupables ^ Il donna un autre témoignage de son amour de la paix. Frédéric do Sicile ayant alors refusé de faire, conformément aux traités, hommage de ses Etats au saint-siège, le roi de Naples, qui regardait ce prince comme un usurpateur et voulait le chasser de la Sicile, pressa le pontife de lancer contre lui les foudres apostoliques ^. Benoit se contenta décrire à Frédéric une lettre, dans laquelle, lui reprochant ses fréquentes entreprises sur le royaume de Naples, la protection donnée par lui aux Fraticelles, son mépris des droits du saint-siège, il l'exliortait à rentrer dans le devoir et lui promettait, pour prix de ce retour, l'appui et les faveurs de l'Église ^
Le pieux et pacKique pontife avait surtout à cœur de terminer le différend qui divisait le saint-siège et l'Empire. A peine installé sur la chaire apostolique, il avait fait savoir à Louis de Bavière qu'il était disposé à l'absoudre des censures dont l'avait frappé Jean XXIl, si le monarque, de son côté, faisait acte de soumission à l'Eglise *. Il se flattait de le ramener plus sûrement par les voies de la clémence qu'en continuant les sévérités do son prédécesseur ^, et il se montra si fidèle à cette pensée que, durant tout le cours de son pontificat, il s'abstint de confirmer les sentences fulminées contre ce prince. Louis, dont la situation en Allemagne n'avait pas
1. Septembre 1335. Theiner, ibid., p. 6, 7. En ce qui concerne Bologne, il 86 borna, pour la punir de sa révolte, à révoquer les privilèges de son université; mais les Bolonais ayant enfin fait leur soumission au saintsiège, — soumission qui, à la vérité, ne fut que nominale, — il annula sa sentence et leur donna pour gouverneur, sur leur demande, Thaddée Pepoli qui avait déjà la principale autorité dans la ville. Raynald. anno 1337, n» 27-29; 1338, n» 30 ; 1340, n» 59, 60.