Rayaald. anao 1376, n
du saint-siège ^ On reporta jusqu'à Grégoire la responsabilité de ce crime, et telle était l'effervescence des esprits, qu'à Bologne le peuple disait hautement « qu'on ne devait croire ni au pape, ni aux cardinaux, et que c'étaient là des choses qui n'avaient rien de commun avec la foi^ »
Ojn eût pu s'attendre que le massacre de Césène, en excitant à la vengeance tous les ennemis du saint-siège, eût été le signal d'une guerre d'extermination. Il n'en fut rien. La terreur qu'il imprima eut pour effet de refroidir le zèle de quelques-uns des confédérés italiens. Grégoire, qui résidait alors à Anagni^ profita de ces disposilions.il réussit, par d'adroites concessions, à détacher de la ligue la ville de Bologne, obtint la soumission de Viterbe, se concilia la ville d'Ancône par d'importants privilèges*. Il enleva également aux confédérés le concours de Galéaz Visconti en révoquant les censures fulminées contre lui% se rapprocha même de Bernabo dont il acheta la complaisance, et, par une politique plus habile que scrupuleuse, le prit pour arbitre entre la cour pontificale et les Florentins ^ qui, se voyant délaissés de leurs plus puissants alliés, se décidèrent à entrer de nouveau en négociations. Le lieu choisi pour les conférences était la ville de Sarzana. Elles étaient à peine commencées, quand Grégoire, qui était revenu à Rome et y était tombé malade, y expira le 27 mars 1378. Huit jours auparavant, se sentant près de sa fin, il avait fait rédiger une constitution ^ par laquelle il
1. Gregorovius, Sl»}'ia diRoma,t. VI, p. 560. — Pastor, Hist. des papes. trad. Raynaud, t. I, p. 123, note 2.
2. Cronica di Bologna, ap. Murât, rer. ital. t. XVIII, p. 510.
3. Il s'y était rendu à la fin de mai 1377 et y resta jusqu'à la date du 7 novembre, où il revint à Rome.
4. Juillet-novembre 1377. Theiner, Cod. dipl. dom. temp. t. II, p. 595, 596,— Gregorovius, ibid., p. 563. — Pastor, ibid., p. 126 et notes.