Vers le 15 décembre
Crèmo assiéger Maurice Bourdin dans Sutri. Le siège ne dura que quelques jours. Calixte, avec plus de zèle que de dignité, voulut assister à la défaite de son rival et se rendit lui-même à Sutri. Livré au pape par les habitants et emmené dans un appareil humiliant jusqu'à Rome, où il subit les insultes de la populace, Maurice Bourdin fut jeté en prison et plus tard enfermé dans un cloître ^ Ce fut la fin du schisme qu'entraîné par son ressentiment, Henri V avait tenté de susciter. Calixte annonça cet événement par une lettre adressée à tous les fidèles*; et une peinture, dans laquelle l'antipape était représenté foulé aux pieds par le pontife légitime, fut placée au palais de Latran pour on conserver la mémoire ^
Cependant, à la suite de la sentence prononcée à Reims contre l'empereur, le parti ecclésiastique en Allemagne s'était soulevé de nouveau. En Saxe et sur les bords du Rhin, on avait repris les armes. Henri V avait, de son côté, rassemblé des forces pour dompter la révolte ; et, vers Tété de 1121, la guerre était sur le point d*éclater, lorsque les princes les plus modérés de l'un et de l'autre parti, également désireux d'en prévenir les maux, convinrent de s'entendre pour chercher les moyens de rétablir la paix. Henri, que la défaite de l'antipape avait ébranlé dans sa hardiesse, parut s'associer à ces vœux; et, après une diète tenue au mois dé septembre à Wurtzbourg, des députés furent envoyés vers le pontife pour le prier de venir en Allemagne régler dans un concile les difficultés existant entre l'Église et l'Empire *. Calixte ne jugea pas qu'il fût prudent de se rendre à ces sollicitations; mais, ainsi que les princes et, l'on peut ajouter, comme
1. Annal, Rom. ^ Boson, dans Watterich, t. II, p. 119. — Suger, GesL Ludov.y p. 95.