‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 162 sur 357 · LA COUR DE ROMB · texte numérisé non relu

LA COUR DE ROMB

de l'unité de l'Église qu'avaient trop longtemps troublée les schismatiques : « Quiconque se sépare de TÉglise romaine, dit-il, lors même que sur le reste il s'estimerait exempt de tout blâme, encourt par cela seul la colère de Dieu et devient criminel. » Remontrant enfin que le pape légitime c'était lui, que l'Église romaine n'était représentée que par lui, et que Pierre de Léon n'avait été qu'un usurpateur, il s'écria : « Ce qu'il a édifié, je le renverse ; ce qu'il a élevé, je l'abaisse ; ce qu'il a sacré, je le rejette comme profane. » Il appela alors par leurs noms tous ceux qui, parmi les évêques présents, avaient été institués par Anaclet; et, après leur avoir reproché avec indignation leur participation au schisme, il leur arracha les crosses des mains, les anneaux des doigts et le pallium des épaules *. Ni cet acte de violence, ni les déclarations qui l'avaient précédé ne soulevèrent de protestation. De même qu'au concile de 1123, les décrets publiés dans celui de 1139 le furent au nom et par l'autorité du pape, et les évêques, témoins silencieux de la colère d'Innocent, furent aussi les^auditeurs dociles de ses décisions. Dès lors il eût été vrai de dire que l'Église était, non pas seulement dominée, mais déjà comme assujétie par le saint-siège. ^ Après avoir mis fin au schisme dans l'Église, il ne restait plus à Innocent qu'à y mettre fin dans la société civile en obtenant la soumission de Roger. La mort du duc Rainulf venait de livrer la Fouille aux armes du roi de Sicile, qui se trouva en moins de deux mois avoir recouvré presque toutes ses anciennes possessions *. Innocent, au concile de Latran, l'avait excommunié comme rebelle à l'Église '. Toutefois il ne lui sufflsait pas que Roger le reconnût pour pape. Redoutant, à l'exemple d'Honorius, un État trop puissant dans le voisinage du saint-siège, il entendait ne pas conGrmer les

et sine ejus permissione legaliter non tenetor. » Chron. Mauriniac. ap. Duchesne, Bist Franc, script, t. IV, p. 383.

i. Chron. Mauriniac. Ibid. p. 384.

2. Falco. Benevent. Chron. Rainulf moarat dans le mois mÔme où se réunit le concile de Latran, le 30 avril 1139.

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