‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 191 sur 357 · Monum, Corbeiensia, o · texte numérisé non relu

Monum, Corbeiensia, o

3. 15 septembre 1151. Cette diète avait été précédée d'unô antre qui avait eu lieu au mois de juin à Ratisbonne.

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s'était enfin décidé à conduire une armée au-delà des Alpes, avait promis au pape de le réintégrer dans ses droits *, et il s'apprêtait à se porter en Italie, quand il mourut à Bamberg, le 15 février 1152. Eugène connut à la fois la mort de Conrad et l'élection de son successeur. Le 5 mars, était proclamé à Francfort roi des Romains un neveu du monarque défunt, Frédéric de Hohenstaufen, fils aîné du dernier duc de Souabe et célèbre depuis sous le nom de Frédéric Barberousse ^. Le nouveau roi envoya aussitôt des ambassadeurs au pontife lui notifier son élection ^ Par un changement qui semblait indiquer dans les esprits un certain retour d'indépendance à l'égard du saint-siège, cette élection, contrairement à ce qui avait eu lieu pour celles de Conrad et de Lothaire, avait été dirigée par les princes plus que par les évêques, et Frédéric, dans ses lettres de notification, s'était abstenu de demander l'approbation du pape. Eugène ne laissa pas de le féliciter de son élévation et l'invita à remplir la promesse faite à l'Église romaine par son prédécesseur *. Jeune, ambitieux, hardi, méditant de rendre à la dignité impériale tout son ancien éclat et confiant en lui-même au point de déclarer qu'il ne savait personne parmi les princes allemands qui fût plus apte à gouverner l'Empire *, Frédéric accueillit avec zèle l'idée d'une expédition qui favorisait ses vues, et des députés furent nommés de part et d'autre pour régler les conditions d'un traité entre le saint-siège et l'Allemagne.

Aux termes de ce traité, qui fut signé le 21 mars 1153 à Constance, Frédéric s'obligeait à ne conclure ni paix, ni trêve avec les Romains, non plus qu'avec le roi de Sicile, sans l'as-

1. Celsitudini vestrsB hoc repromittentes, quod ad promovendum ecclesiss Dôi et vestrum honorera... semper erimus parati. » Lettre de Conrad à Eugène, Monum, Corbeiensia, n» 346. Cf. deux lettres du pape adressées l'une à Conrad, l'autre aux évoques et aux princes de T Allemagne, janvier 1152, ibid. no 349, 362.

2. Élu le 5 mars 1152 à Francfort, il fut couronné le 9 à Aix-la-Chapelle. Frédéric, duc de Souabe, frère de Conrad et père de Frédéric Barberousse, était mort après la prédication de la deuxième croisade.

3. Lettre de Frédéric à Eugène, mars 1152, Monum. Corbeien$ia, n« 372.

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