‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 294 sur 357 · Ep. I, 4, 171. Cf. Gest, Innoc. c · texte numérisé non relu

Ep. I, 4, 171. Cf. Gest, Innoc. c

dans rintérèt do la croisade de les réitérer au roi et, s'il refusait de s'y conformer, de mettre ses domaines en interdit*. Le 15 janvier 1200, cotte sentence fut prononcée, et, selon les injonctions du pape, toutes les églises furent fermées ^. Philippe ne voulut pas d'abord se soumettre et chassa de leurs sièges les évêques qui avaient exécuté la sentence. « Pourvu que vous jouissiez de vos riches bénéfices, disait-il avec colère à révèque de Paris, il vous importe peu que le pauvre peuple soit privé des consolations de l'Église. » Au bout de moins d'une année, il céda pourtant. Il restitua leurs sièges aux prélats qu'il avait expulsés et se sépara d'Agnès de Méranie. Le pape ayant consenti, sur ses sollicitations, à faire examiner de nouveau la validité de son mariage avec la sœur du roi de Danemark, un concile fut dans ce but réuni à Soissons. Le jugement allait être rendu, quand le roi, informé qu'il lui serait défavorable, se déclara prêt à reprendre Ingeburge comme sa femme légitime et amena, par cette déclaration, la dissolution du concile ^. Mais, au lieu de traiter Ingeburge en épouse et en reine, il persista à la tenir éloignée de lui, l'enferma au château d'Étampes, et, bien qu'Agnès fût venue à mourir quelques mois après, la soumit à une sorte de captivité qui, malgré les représentations réitérées du pontife, devait se prolonger pendant près de douze années. « J'ai pu exiger le renvoi de l'épouse illégitime, écrivait plus tard Innocent à la malheureuse Ingeburge; mais il appartient à Dieu seul d'attendrir le cœur du roi * .»I1 avait en effet réussi à faire respecter la juridiction du saint-siège ; mais son impuissance à adoucir le monarque dans une cause si juste et dont la France s'était émue attestait,'par une nouvelle preuve,

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