Ord. Vital. 1. III
mande, le couronnaient roi *. C'était aussi avec un étendard donné par le saint-siège qu'un frère de Robert Guiscard, le comte Roger, luttait alors en Sicile pour en chasser les Sarrazins et entrait en vainqueur dans Palermc, dont l'église cathédrale était enfin rendue à la religion du Christ *. Une marque non moins sensible de ces progrès de la papauté était qu'elle commençait à intervenir dans la conduite des princes. En 1069, Henri IV ayant voulu rompre le mariage qu'il avait contracté avec Berthe de Savoie, le cardinal Pierre Damien se présenta au nom d'Alexandre dans un synode à Francfort et, remontrant qu'un tel dessein était indigne d'un roi et d'un chrétien, déclara que, si le monarque persistait dans cette résolution, jamais le pontife no consentirait à le couronner empereur '. L'année suivante, les Saxons s'étant alliés contre lui au duc do Bavière qu'il avait dépouillé do ses. États, Henri portait dans leur pays le fer et la flamme, y livrait les femmes et les enfants à la brutalité de ses soldats et exerçait de telles cruautés, qu'au dire de Lambert d'Hersfeld, annaliste contemporain, « les Barbares n'eussent rien pu commettre de plus odieux *. » Le bruit des plaintes soulevées par ces excès arriva jusqu'à Rome *. A plusieurs reprises, des avertissements furent adressés au monarque par le saintsiège, tant sur les abiis qu'il faisait do sa puissance que sur les scandales que causaient dans l'Église ses actes de simonie •. Alexandre alla plus loin. L'année do sa mort, au mois de février 1073, il excommuniait, dans un concile à Rome,
1. « Cardinales romanaB Ecclestœ coronam ei solemniter imposuerunt. » id. 1. IV. Il avait été déjà coaronné une première fois, en 1066, de la main de Tarchevôque d'York.