Bernold. anno
La. Goor db Roue. 6
dont lo siège, il est vrai, l'arrêta près d'une année, Henri passa le Pô, s'empara do plusieurs autres places, et, s'avançant dans la direction de^Canossa, parut bientôt si redoutable, que les vassaux de « la grande comtesse » la conjurèrent de faire sa paix avec l'empereur et de reconnaître Guibert *. En Allemagne, à la première nouvelle des victoires de Henri IV, nombre de catholiques embrassèrent le schisme*, et l'on vit des évêques, nommés depuis peu et qui un moment avaient hésité entre les deux partis, venir en Italie solliciter du monarque la crosse et l'anneau. A Rome, les adhérents de Guibert reprirent la supériorité. Avant même que Mantoue succombât, Guibert, qui s'était réfugié à Ravenne, revenait siéger à Saint-Pierre ^, et Urbain était contraint de demander encore une fois un asile aux Normands *• Il ne se laissa pas troubler par ces revers. Du sud de l'ItaHe, il encouragea à la lutte les fidèles de Toscane ^ continua de correspondre comme auparavant avec la chrétienté, et, au mois de février 1091, allait à Bénévent présider un concile, dans lequel il réitérait l'anathème contre Guibert et « ses complices » et publiait divers décrets sur la réforme du clergé ®.
Tandis que, par cette résistance opposée à Henri IV et par les sévérités dont il avait menacé au début les schismatiques d'Allemagne, Urbain se conformait à la pensée de Grégoire, il ne s'y montrait pas moins fidèle par ses autres actes. S'inspirant des mêmes doctrines sur la puissance pontificale,