Bcrnold. anno
gistrature suprême qui constituait, aux yeux do Grégoire, Tune dos attributions les plus élevées de la papauté. La seconde femme de Henri IV, l'impératrice Praxedis, en butte, comme l'avait été la première, à ses violences et à ses outrages, et qui, depuis quelque temps, avait cherché un refuge en Toscane auprès de la comtesse Mathilde *, vint en personne au concile porter plainte devant le pontife -. Le roi Philippe !•', redoutant l'effet de l'excommunication dont il avait été frappé, envoya de son côté dos députés solliciter la clémence du pape, qui consentit, sur les prières de l'assemblée, à suspendre l'exécution do la sentence ^ Enfin, comme si Urbain eût été déjà le chef reconnu de l'Occident, on vit se présonler des ambassadeurs de l'empereur grec Alexis Coninène, chargés do demander au nom de leur maître des secours contre les Infidèles, démarche qui contribua vraisemblablement à une entreprise dont allait bientôt s'émouvoir toute l'Europe *,
Voulant enlever à l'empereur tout espoir de se relever de sa défaite, Urbain, au sortir du concile, alla à Crémone trouver Conrad, en vue de contracter avec ce prince un traité qui le liât plus étroitement à TÉglise romaine. Ce fut l'occasion d'un nouvel hommage rendu à son autorité. Le fils de Henri IV so porta au devant du pontife, dont il conduisit la haquonée par la bride ^ remplissant auprès d'Urbain ce rôle d'écuyer que, selon la légende, l'empereur Constantin avait rempli auprès du pape Silvestre. Aux termes du traité qui fut alors conclu, Conrad s'obligea, par un serment qui rappelait, à quelques égards, celui des princes normands de la Basse Italie, à défendre la personne et le pouvoir du pape, ainsi que les domaines du saint-siège, contre toute agres-