‹ La cour du Roi Pétaud; opéra bouffe en trois actesChapitre 24 sur 84 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les Mêmes, un Deuxième puis un Troisième Courrier.

Musique à l'orchestre. — Un deuxième courrier entre par le fond-milieu, remet un papier A Pétaud et sort immédiatement.

VOLTEFACE.

Un courrier!

ALEX1BUS, à part, s’asseyant sur le fauteuil de gauche.

Trop tard, mon bonhomme!

PETAUD , qui rient de parcourir le papier.

Ciel!... que lis-je!... (a ses courtisans. ) Écoutez. (Lisant ) « Roi Pétaud, vos vaillantes troupes se sont ralliées et sont » lombées sur les derrières des soldats de votre ennemi. Ces » derniers sont en pleine déroute. »

VOLTEFACE, üt**c éclat.

Il le savait!... C’était un piège!

ALEXIBUS , riant.

Tiens, parbleu 1

PÉTAUD, i Alexibus.

Ah I monsieur! c’est bien petit de votre part!

ZÉRO

C’est une Rouerie!

VOLTEFACE, bas è Zéro.

A sa place, moi, ma signature ne vaudrait pas trois sous!

PÉTAUD

Ah! comme il m’a joué!... Et il est assis sur mon siège 1

Veux-lu t’en aller de làl (Voltef.ce, Zéro et Pitoia courent à gauchi et font lever Alexibus, qui passe i droite *.) ÉpOUSSClez ça 1 (Volteface

* Alexibus, Pétaud, Volteface, Zéro, Pilais.

époussette le fauteuil arec son mouchoir.) Q'i’cSt-Ce Cjue je pOUtrais bien lui faire? Et quand je pense que son fils, que je vais mé tré sur la paille, épousera ma fille!

Il s'assied à son tour sur le fauteuil. — Musique A l'orchestre. — Un troisième courrier accourt par le fond.

VOLTEFACE.

Un courrier!

Le courrier remet un papier è Alexibus et sort.

PÉTAUD, restant assis. *

Qu’est-ce encore?

ALEXIBUS, avec joie, lisant tout haut.

a ... Mais vos vaillants soldats se sont ralliés après une » fuite qui n’était qu’une promenade, et cette fois, le triomphe » est définitivement acquis...

PÉTAUD , se levant.

Acquis... à qui?

ALEXIBUS, venant au milieu.

A mes immortelles phalanges !

PÉTAUD, retombant assis.

Patatras !...

Volteface, Zéro, Pitois et tous les seigneurs qui étaient courbés vers Pétaud , se redressent et courent se prosterner devant Alexibus.

VOLTEFACE, é part.**

Pourvu que cette dépêche soit la dernière... j’ai déjà un lombago!

ALEXIBUS.

Et j’ai signé ! Et mon fils épousera une fille sans dot!... (S’adressant é Pétaud.) Car, comme loi, je meitrai, la famille sur la paille!... Ah! je crois que j’ti un truc!... approche!... Il est assis!... Veux-tu l’en aller de là! (voiteface, Zéro et Pitois courent à Pétaud, qu’ils font lever et qui passe A droite.***) Mon fils Léo

sera l’époux de la princesse Girandole!... je ne m’en dédis pas.

* Pitois, Pétaud, Zéro, Voltofaco, Alexibus.

** Pétaud, Alexibus, Volteface, Zéro, Pitois.

*** Pitois, Zéro, Volteface, Alexibus, Pétaud.

ACTft 1REMIER

PETAUD.

C’est sublime I

ALEXIBUS.

M lis écoute bien. (Mélodrame A l'orchestre.) Si JUSqu’à l’âge de dix-sept ans, époque fixée aujourd’hui par moi pour son mariage avec Anatole...

PET AÜD.

Anatole ?

C’est le petit nom de mon fils Léo. — Si, dis-je...

VOLTEFACE.

Ah ! il s'appelle aussi: Si dis-je!... le joli nom !

ALEXIBUS.

Non! je dis: Si, dis-je, jusqu’à l’âge de dix-sept ans ta fille ne garde pas la même innocence... tu entends bien... la même qu’elle possède en ce moment... Si elle sait seulement ce que veut dire le mot Amour, si jamais la vue d’un joli garçon la fait tressaillir... si, enfin, le moindre sentiment se glissait dans son cœur... je reprends nn parole, je casse le mariage... et je viens réclamer à tous, les impôts accumulés pendant, ces dix-sep’, priilemps... avec le» intérêts à huit pour cent.

En entendant ccs derniers mots, Volteface a passé à droit*.

PÉTAUD*

Ah! permettez... huit pour cent!

VOLTEFACE, bas A Pétaud.

El moi qui suis le favori le plus riche !

ALEXIBUS, A Pétaud.

Tu as trois minutes pour te décider.

PÉTAUD

Trois minutes !

Il tire de sa poche une montre garnis de diamants.

Pitois, Zéro, Alexibus, Pétaud, Volteface.

ALEXIBUS, lui prenant la montre.

Tiens, elle est à remontoir... il y a longtemps que j’en avais envie d’une.

PÉTAUD

• .Eh! dites donc, vous me prenez ma montre ?

Je ne la prends pas... je l’annexe !

PÉTAUD

C’est différent.

ALEXIBUS, regardant la montre.

Tuas encore vingt-trois secondes... je compte.. .une, deux, trois, quatre...

. VOLTEFACE, bas à Pétaud.

Mais allez donc, sire,., vous êtes là à vous tâter!.,.

PÉTAUD, bas.

Je me lâte... je me tâte... dame, écoute donc..,

ALEXIBUS, comptant les secondes.

Dix-neuf, vingt...

PÉTAUD, Tirement.

J’accepte !

ALEXIBUS, mettant la montre dans sa pocbe.

Il était temps!... Alors, Pétaud, devant lous, tu me jures...

PÉTAUD, étendant la main.

Je le jure!

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