G I R AND.O LE
Oh! oui, papa... et je l’attends avec bien de l’impatience! COUPLETS.
L’amour a gagné la victoire!
J’aime assez ce petit vainqueur;
D’aujourd’hui, vous pouvez m’en croire,
Il bat et joliment mon cœur !
Je ne suis plus petite tille,
Je veux vivre cl je veux -charmer!
Lé seul mol d’amour m’émouslille !
Je suis femme, et je sais aimer!
PÉTAUD, à part, passant A droite.
Elle va un peu loin.
GIRANDOLE
L’amour est avec son langage,
Une charmante invention!
Ça devrait, si l’on était sage,
* Girandole. Pétaud.
Entrer dans l’éducation ! .
Je né suis plus petite fille,
Je vieux vivre et je veux charmer! *
Le seul mot d’amour m’émoustillel Je suis femme, et je sais aimer!
PÉTAUD
Elle a dépassé le but'!.. Ma fille, tuas dépassé le but!
GIRANDOLE
Ce que j’éprouve, papa, n’esi-ce donc pas de l’amour?
PÉTAUD
Si-
GIRANDOLE
Eh bien!., vous m’avez suppliée d’aimer, de comprendre... je comprends.
PÉTAUD. • ' *
Oui, mais tu comprends trop. . parce que, vois-tu, il y a deux sortes d’amour... Il existe un gueux, un gamin, un ^'aurien, qui trouble la cervelle des jeunes filles et la fidélité des époux... c’est celui-là que lu as rencontré... Tandis qu’il y en a un autre, à l’usage des gens mariés, qui est d’une tranquillité, d’un calme... on vivrait cent ans à côté de lui qu’on ne l’entendrait pas remuer... C’est celui-là que je te recommandais.
GIR A NDOLE.
Vous ne m’avez pas dit qu’il y en avait deux... et maintenant il est trop lard.
, PÉTAUD
Trop tard? (a part.) Ah ! le brigand !
GIRANDOLE
Il faudrait donc le fui-r?
PÉTAUD, vivement.
Non pas!., si ça te fait plaisir, attends-le, au contraire.
GIRANDOLE
Vrai?... vous consentez?,.
PÉTAUD. ’
Certainement (A part, caressant le manche de son râteau.) Je serais même fâché qu’il ne vint pas !