‹ La couronne littéraireChapitre 2 sur 108 · QUELQUES OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

QUELQUES OBSERVATIONS

SUR LE BtJT

Ov néglige généralement un art qui réanit deux points importants de toate étude, Tutile et Fagréable, Vart de bien lif^ à haute voix; et malgré les'justesn^éclamations de quelques amis de la jeunesse, la lecture correcte, la bonne diction est la chose dont on s*bccupe le moins dans la jkipart des maisons d'éducation. ^

Nous croyons inutile» d'entrer dans de grands dévEeîoppements pour faire apprécier cette étude. Toutes les personnes sensées, tous ceux qui ne sont pas imbus de cette erreur, qu'il y a de la honte à apprendre à lire, po^ront s'assurer de la nécessité et de l'imr portance d'un cours particulier de lecture d^s chaque institution.

Quelle ki^ l'étranger doît*il av^ir de notre orgxieil national^- en nous trouvant indif-

férenls pour notre propre langue dont nous vantons la supériorité, pour cette langue qui €St devenue celle de tous les monarques , et que les chefs-d'œuvre de nos grands maître# ont rendue universel!*? Et que l'on ne croie pas que nous attaquions seulement ici la prononciation d^s enfants; de grandes personnes elles-mêmes pourraient profiter de nos obser-^ vations, et ne pas dédaigner le talent de bien jÈîre. En effet les jeunes gens qui ont fait leurs

' études dans les provinces oui ils sont nés, et qui viennent à Paris pour suivre les cours d'histoire naturelle^ de médetine, de droit, etc. ont conservé la prononciation patoise, très-graci^usasans doute dans cette. langue provençale si douSe et si expressive,. mais qui. n'en est pas moins vicieuse dans la langue pure et correcte de Racine et die Pascal. Nos tribunes,' nos chaires y, notre barreau ^M^ntiâsent de ces accents gascons ou noriqip, qui, malgré toute l'éloquepce , \% savoir et l'énergie de l'orateur, provoquent le sourire de rtronie, et qui souvent nuisent à leffet que doit produire sur l'auditoire un beau plaidoyer o»

. un discours bien écrit»

. Ce serait dépasser les bornes d'tme préf^e, que de chercher à donner des règles pour bien lire; elles ne pourraient être d'ailleurs qiie générales/» et nous' croyons presque impossible de peindre les sous à Toeil selon les facultés

de chaque individu, et de soumettre 'au creuset de Tanalyse les inflextoiis rapides et variées de la voix. C'est au professejur, auquel ce talent est familier, de faire connaître à chaque élève les qualités indispensables pour exercer cet art, et pour se faire entendre avec plaisir. Lui Seul peut, par le travail de la boudm et dea lèvres dans la prononciation des dilTérentes consonnes, leur donner des leçons orales d'articulation. C'est ainsi qu'il attaquera ces vices que Ton remar!j[ue chez un grfpd nombre^ d'en&nts, 1% fusseiemeiu, le grasseim^t, le zézeietnent^ \e chant d'école^ la monotonie^ et tant d'autres» qu'un exercice gradué et continu peut maîtriser, corriger entièrement, ou du moin^ modifier.

C'est daos l'intérêt de la bonne lecture, dans celui des maîtres et des jeunes gens, que. nous avoQç cru devoir donner^de la^ublicité à notre Couronne Littéraire; nous l'avions composée en favevr de nos propres élèves, mais nous avons pensé qu'elle pourrait être utile aux professeurs et aux institutrices qui sentent, comme nous,. de quelle importance ou de qu^ agrément ce talent sera un jour pour les enfants qui leur sont confiés, quelle que soit la classe à laquelle ils appartiennent, et la profession qu'ils doivent embrasser. Nous leur recommandons ce Recueil, qui ne ressemble, ni par le fonds ni^ar la forme, à ceux

qui l'ont précédé, if en diffère essentiellement par le fonds , en ce que les morceaux que nous avons choisis sont gé&éralement pris daijs les prosateurs et les poètes modernes les plus distingués. On n^a présenté jusqu'ici aux enfants que des sujets connus depuis long-temps ^ tels que des extraits des tragédies de Corneille, de Racine, de Voltaire, des épîtres de D%ileau, etc. pour lesquels nous professons un respect et une admiration faciles à concevoir, mais que nSk enfants savent déjà par cœur.

Tous ces chefs-d'œuvre de nos^rands mailles leur sont successivement rendus famjjiers dans nos leçons de français bu de littérature, et pr^r sen|és arec des commentaires propres à leur en faire apprécier toutes les beauiés^ Quant à la forme; il suffit de jeter un coi^-d'osil sur quelques pages pour s^percevoir de la variété que nous a^ohs répandue à dessein. Nousavons altçrnativCTient placé des morceaux de vers et de prose; et, pour varier à propos le ton, nous les avons choisis de manière à ce .que les élèfes puissent passer sans. -effort du gai au triste, du sérieux à l'enjoué, du récit à des réflexions. Le goût le plus sévère a p]:;^idé à notre choix, ttt la plupart de nos morceaux tendent à inspirer aux élèves l'amour de la religion, du Roi et de la patrie.

Ceux qui s'occupent de l'art de bien lire, et qui connaissent la dilKcuUé de composer ua

livre propre à ce talent, seront à même cTappréeier notre travail, et d'en faire la différence avec ces compilations spéculatives faites sans goût et sans choix, ^ti'angères au bien des é^ves, si quelqucffois elles ne leur sont pas dan- ^ gereuses.

Cependant,- parmi les recueils qu^oii a vus avec plaisir et sans crainte dans les mains de la jeunesse, nous devons attirer Vattention sur le^Cours de littérature et de morale de MMé No*ël et de la Place, trop volumineux pour être tout-à-fait classique; l'Abeille du Parnasse de M. Letellier, quoiqu'on'n'y trouve pas de morceaux en proses, V Abeille et le Trésor de Vainour filial de M. Cordier, savant estimable et malheureux, qui a consacré toute sa vie à Finstruction et à l'éducation des enr fants; le Recueil de M, Fayolle, etc. Tous ces x)uvrages offrent la morale la plus pure, mais ils ne remplissent pas l'objet que nous avons eu en vue, en composant ce choix de vers et de prose.

Enfin, pour justifier je titre de notre ouvrage, nous avons inséré des compositions de nos élèves des deux sexes qui se sont le pfus distingués dans le style. Quelques-unes nous ont paru mériter cet honneur par le naturel et la simplicité des èxpres^ns, et par la délicatesse et la moralité des pensées. Ainsi près ,des fleurs brj||iantes nous avons placé de ipp»^

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destes fleurs; et cet assemblage varié donnera, nous osons l'espérer, duprixànotre Coufùfme Littéraire. Heureux si nous atteignons encore une fois le but de chacuiyie nos ouvrages : la confiance des p%rents , 1 estime de nos concitoyens , et l'amitié* de nos élèves, (}ont. les bonnes mœurs, et les succès dans les bonnes études sont toute notre récompense!

L'AMOUB MATERNEL.

XJk la bonté céleste nn rayon éternel •Semble fle réfléchir dans le coeur maternel ; £t la Divinité , nous offrant son image ,- JSoos les traits d^uy mère appelle notre hommage.

IflLLBTOTE.

LA TENGEANCE.

A réparer certaine injure Une abeille on jour a'engageiA V Elley parrôt et se yengisay Mais expira sur la blessure.

Dnao ifrXÀKOLiKiBftc

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