DE L1I9PLTJENCE DU SOLEIL SUR LE GLOBE
TEBBESTRE.
Uxf astre de feu a été jeté dans l'espace, aussitôt la terre est devenue féconde. Le soleil lui - même anime les ombrages qui nous dérobent à ses rayons dévorants. Sous ses traits enflammés les fleurs se hâtent d'éclore , et la terre se revêt d'une robe de verdure. Que son orbe radieux s'éclipse , tout s'attriste^ tout se flétrit, tout s'endort; les animaux s'engourdissent, et les arbres se dépouillent de leurs feuillages.
Comment un globe placé à trente -trois millions de lieues jde la. terre a-t-il une telle influence sur la
légère Tëgëtation qui l'enveloppe, et sur les êtres imperceptibles qui l'habitent ? Quelle distance effrayante entre cet astre de feu et la fleur des champs! Quel rapport surprenant entre un globe étincelant et un atome perdu dans l'espace !
Lorsqu'aux premiers jours du printemps le soleil s'ëlance radieux du sein des sombres brouillards; que le zéph3rr revient avec le mois des fleurs; que la terre réveillée soupire de volupté, et que so% sein -fécond se pare de verdure, les vallons et les bois retentissent de chants mélodieux , les branches des chênes abandonnent leurs feuilles desséchées, et se couronnent de bourgeons ; soudain les étoiles jaunes de la jacobée brillent sur les bords des eaux ; la marguerite au disque d'or, aux rayons d'argent bordés d'incarnat, émaille les pi^ies; partout les regards enchantés se promènent sot les fleurs. C'est l'ancolie avec ses coupes de porphyre; la tige du polygola qui semble couverte de papillons violets; le papillon bleu de la véronique, et la globulaire azurée, dont la tête ronde agitée légèrement se^nble rouler sur le gazon. Plus loin l'œil s'arrête avec surprise sur le ciste blanc qui se couche avec le soleil; il contemple les voiles jaunes de la piloselle qai se referment aux approches de la pluie, et les panaches rouges des crépis., dont les petites flecu'S s'en-* dorment le soir et se réveillent à l'aurore. Image charmante de la vie de l'homme !
Mais au milieu de ces prairies tout se prépare déjà pour la saison suivante; un léger boftton renferme les voiles roses de l'épilobe , quelque brins d'herbes cachent encore les campanules aux clochettes bleues, les bouquets parfumés de l'origan, et la superbe spiréa^ dont le corymbe blanc doit
( 47 ) 8*é]ever sur le gazon comme une reioe sur son trône. Tel estle spectacle magnifique que le soleil donne à la terre» Géant superbe du ciel^ il ne couronne point sa tête de fleurs y mais il les sème sous nos pas; il n'amasse point les moissons dans son orbe éclatant, mais il les fait naître sous la main de l'homme qui doit s'en nourrir; source de lumière y il ne colore point son disque enflammé , mais il peint la nature des plus riches couleurs. Immense 43omme l'univers, il esta la fois en tous lieux, sans jamais sortir de sa place , et Ton pourrait dire de lui avec le Psalmiste i c U fait éclater son pouvoir dans les cieax, et la terre est pleine de ses merveilles. »
, Aimé MiaTur.
LA MOHT.
Un fantôme s'élance sur le seuil des portes inexorables : c'est la mort. Elle se montre comme une tache obscure sur les flammes des cachots qui brûlent derrière elle. Son squelette laisse passer les rayons livides de la lumière infernale entre les creux de ses ossements. Sa tête est ornée d'une couronne changeante , dont elle dérobe les joyaux aux peuples et aux rois de la terre. Quelquefois elle se pare des lambeaux de la pourpre et de la bure dont elle a àé* poaillë lexiche et l'indigent. Tantôt elle vole^ tantôt elle se traîne : elle prend toutes les formes^méme celle de la beauté. On la croirait sourde, et toutefois elle entend le plus petit bruit qui décèle la vie. Elle parait aveugle, et pourtant elle découvre le moindre insecte rampant sous l'herbe. D'une main elle tient ime faux comme un moissonneur, de l'autre elle cache la seule blessure qu'elle ait jamais reçue.
C&ATEAV9RIANT.