‹ La couronne littéraireChapitre 57 sur 108 · LA LX7MIÈRB ET LA CHALEUR · texte numérisé non relu

LA LX7MIÈRB ET LA CHALEUR

L'uoifME entre dans la vie avec iine douce con* fiance : il croit trouver dans le monde ce qu'il lit dans son cœur; et, brûlant d'un noble enthousiasme, il se consacre à la défense de la vérité.

Mais lorsqu'il a vu de près les choses de la terre, tout lui paraît étroit et mesquin. Au milieu du choc des passions, il n'a plus d'autre désir que celui dé sa conservation et 4e son bonheur; son ame engourdie dans une lâche apathie se forme au sentiment de l'amour. Les rayons de la vérité sont souvent dépourvus de chaleur. Heureux ceux qui n'achètent pas les dons de la science aux dépens de la vertu, qui savent réunir le coup-d^œil pénétrant , de l'homme du monde au cœur sensible de* l'ami des hommes.

LE RETOTO A LA CHAPELI^E;, .

WtUi^E A t'4 VffillGÎE.

Je te salue,. 6 Vierge tutiélaire- ,

Ton humble autel reconnaîtril ma voixP Est-ce bien là ce degré solitaire Où, jeune encor, j'ai prié tant de fois?

Oiii^ la Toilà celte image gothique

Qui souriait, son enfant dans les bra3}

Voici la nef et le pavé rustique

Qui résonnaient au ^ çul briiit de mes pas^

Non, oe n^est point un* de oe8<yftiiis mettaotigts Dont si soutcnt f^t betoé mon «otmxMil; Je vois ces lieux, qii^ppelaient tous mes flox^ts. Ces lieux témoinâ de mon premier r«veiL

Ici^ mon œil, du long fleuve des âges Poursuit au loin quelques flots écoulés, Oii redemande à de nouveaux ombrages Quelques rameaux par le temps dépouillés. .

le reconnais Tairaiti mélancolique Qui m''éveillait do spn glas matinal, Ou proclamait la prière angélique , De mon repos fidèle et doux signal.

Qu^ils étaient J>nrs les vœux quô moâ enfance OiËrait alors à là Rein« des cieux!

Qu'ils étaient beaux les jours que Tespérance î<aissait briUer à mes regards joyeux I

Comme un essaim dont les rapides ailes

D'un bruit confus troublent long- temps les airs,

Elles ont fui, ces heures infidèles,

Et m'ont ravi mes trésors les plus chers.

Combien de fois, siiir un autre rivage, D'un long soupir j'appelai ce éëjour!

Des bords lointains j vers ce ^iant viHa^e , Combien de fojs j'ai vêvé mQA retour!

Hélas! j'ai cru, dans ma vaine allégresse, En revoyant qes abris prote^t^i^rs , Y retrouver les biens <jie mi^.jen^iesse^ La paix, la joie et les nobles erreurs!

Songes trompeurs, illusions menteuses.

Dont le réveil est douloureux et prompt.

L'âge a détruit vos images flatteuses.

Comme il pâlit les roses de mon front !

Partout Foubli, le deuil, le froid silence.

Tous mes amis dispersés ou perdus, Et par le temps , le trépas et l'absence ^ Tous mes liens dénoués ou rompus!

Coteaux fleuris, bosquets, yallon fertile, Sentier connu, dé feuillage ombragé, Bois que j'aimais, fleuve pur et tranquille.

Pour moi du moins vous n^avez point changé!

Vous, murs sacrés, des jours de mon jeune âge Vous me rendez un plus doux souvenir!

Comme autrefois, antique et sainte image.

Tu peux encor m'entendre et me bénir ! .

Le sort jaloux , Vierge mystérieuse , N'a pu m'ôter ma constance et ma foi; Et ma prière, humble et silencieuse, D'un vol pieux s'éléye encor vers toi !

||{me AmABLE TaSTU.

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