‹ La couronne littéraireChapitre 59 sur 108 · CHARLES XII · texte numérisé non relu

CHARLES XII

Arrêtons-nous un moment devant ce Charles XII, comme ou s'arrête devant ces pyramides du désert, dont Fœil étonné contemple les énormes proportions avant que la raison se demande quelle est leur utilité. On aime à voir, dans cet homme extraordinaire , l'alliance si rare des vertus privées et des qualités héroïques, même avec cette exagération qui a fait de ce prince le phénomène des siècles civilisés. On admire et ce profond mépris des voluptés et de la vie, et cette soif démesurée de la gloire^ et cette extrême simplicité de mœurs, et cette étonnante intrépidité , et sa familiarité et sa bonté envers les siens, et sa sévérité sur luimême , et ses expéditions fabuleuses entreprises avec tant d'audace, et cette défaite de Pultava soutenue avec tant de fermeté, et cette prison de Bender où il montra tant de hauteur , et ce roi qui commandé le inspecta des barbares lorsqu'ils n'ont plus rien à craindre , l'amour à ses sujets lorsqu'ils ne peuvent plus rien en attendre, et, quoique ibsent, l'obéissance dans ces mêmes États où. ses successeurs présents n'ont pas toujours pu l'obtenir; et, à la vue de cette combinaison unique de qualités et d'événements , on est tenté d'appliquer à ce prince ce mot du père Daniel en parlant de notre saint Louis : Un des plus grands hommes^ et des plus siri' guliers qui aient été, ^

DE BOWALD.

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