SCÈNE IX
Les mêmes, SÉRAPHIN, CANDIDE.
SÉRAPHIN, donnant le bras à Candide. Ils ne le sont plus Grosjean!
GROSJEAN. Eh quoi! voire p'iiol papa?..
CANDIDE. Il a tendu la main à ma mère... et nous avons cru bien faire en les imitant...
MARIANNE. Eh quoi ! voir' maman?..
SÉRAPHIN. N'a pas retiré sa main...
GROSJEAN. Nous uous maricrons lous les quatre... l'adjoint ne quittera pas sa ceinture tricolore de la journée, et le sonneur des cloches n'aura pas as^ez de bras pour mettre en branle toutes ses musiques... et puis, nous aurons des p'tiots tous les quatre... itou, en même temps, nous les marierons tous les quatre ilou en même temps, el puis ils auront des p'iiols tous quatre itou en même temps, et pis....
SÉRAPHIN. Comme tu y vas...
GROSJEAN. J' fais grandement les choses quand j' m'y mets, moi.
MARIANNE. Tu f'ras ben de leur apprendre à ne pas être aussi gloutons que leur père.
GROSJEAN, à Séraphin. Ah ! bah! tu vois ben que c'était une farce que ton livre... on peut ben
mangerdes oranges, sansque pour ça on devienne une bêle ! à preuve, moi i
sÉuAPiiiN. Il ne faut pas s'y fier!
r.RosjEA.\ , frappant son estomac. Jcn ai toujours trois p'iioles dans ce p'tiot logement-là...